02 décembre 2015

La transmission des idées | la transmission de l'humanité

Séance du Séminaire de sémiotique avec :

Sémir Badir (FNRS, Université de Liège)

La transmission des idées. Etude de cas : extensité vs intensité

L’étude des idées compte parmi les exercices les plus fréquentés du discours critique en histoire des sciences humaines. Mais il semble que cette étude soit menée généralement en suivant une tradition du commentaire littéraire et philosophique antérieure aux apports théoriques et méthodologiques dus aux recherches sémio-linguistiques. Apports quant aux moyens (analyse microsémantique, médiations rhétoriques, marques énonciatives…), permettant de formuler des exigences épistémologiques supplémentaires (relatives au statut différentiel et structurel des concepts, au dédoublement des chaînes intertextuelles à suivre pour les concepts étudiés et pour les termes qui les expriment) à l’horizon d’une théorie de la connaissance qui ne compterait pas pour rien la fonction fondamentale de la transmission.

Dans la présente intervention, on prendra pour cas d’étude la filiation conceptuelle du couple intensité vs extensité proposé par Claude Zilberberg à partir, notamment, des concepts intensif et extensif dus à Louis Hjelmslev, en cherchant à mettre en relief les questions et enjeux que les apports sémio-linguistiques permettent de formuler.

Ivan Darrault-Harris (CERES-Limoges)

La transmission de l'humanité. Ethosémiotique des relations précoces mère-enfant

Grâce à quelles compétences, dispositions innées, mais surtout grâce à quels comportements de ses partenaires (principalement la mère), le nouveau-né, puis le bébé, parviennent-ils à accéder à l’humanité définie principalement par la capacité à entrer en communication, d’abord non verbale, avec l’Autre et accéder à l’univers humain caractérisé par la narrativité ? L’éthosémiotique entend relever ici le défi implicite lancé par l’éthologie humaine, qui décrit précisément ces comportements (cf. les travaux, entre autres, de Daniel Stern), mais sans pouvoir en saisir ni la cohérence ni la finalité, soit la constitution très précoce du sujet de l’énonciation. Même si des travaux récents du même Stern, repris par B. Golse, éclairent l’activité, jusque-là ignorée, du bébé, capable de pratiquer une segmentation de son expérience (cf . la belle théorie des « enveloppes narratives ») tout en assurant une liaison entre ces « maintenant » successifs vécus, opération qui permettrait la constitution d’un proto-sujet.

C’est bien grâce à l’interaction entre les comportements qui lui sont adressés et le travail accompli sur son expérience (de reprise, dirait J.-Cl. Coquet) que le bébé réussirait à accéder, bien plus tôt qu’on ne le pensait, à ce que nous définissons comme l’humanité.

Ces recherches, métabolisées et repensées par l’éthosémiotique, ont des conséquences très importantes tant dans la conception d’une réponse relationnelle optimisée aux besoins du bébé qu’à la compréhension et au traitement des pathologies graves du développement (ainsi l’autisme infantile précoce).


Détails

Lieu : La Maison Suger
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Séminaire

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