19 novembre 2015

Le clos et l’ouvert : ombre et ligne de fuite

Table-ronde : CESSMA UMR 245-INALCO/ITEM-UPPA/RIAM-FMSH

Argumentaire

Il y a plusieurs manières d’appréhender les mots clos et ouvert, ombre et de ligne de fuite dans le domaine des sciences sociales et humaines. Cependant, en considérant les temporalités variées sous lesquelles on les appréhende, ainsi que les différents contextes socio-historiques et les multiples « foyers d’expériences » des individus, on est conduit à prendre en compte chez les individus et les groupes d’individus, les manières de dire, de faire et de se   représenter le monde, la nature, la culture, etc.. Ces mots permettent implicitement d’analyser non seulement les concepts de frontière, de limite, de seuil, de transgressivité, mais également, d’identité, de subjectivité, de mémoire et de trace.
Quelles que soient les sociétés proches ou lointaines, clos, ouvert, ombre et ligne de fuite sont l’indice de traces laissées  sur un espace donné (mur, tableau, rue, etc.), ou réfractant dans une zone soustraite au rayonnement, à la lumière que l’on appellera ombre sous ses multiples désignations : plein d'ombre, ombre épaisse, peu d'ombre, trou d'ombre, chercher l'ombre; trouver l’ombre, rentrer dans l'ombre, mettre quelqu’un à l'ombre etc.  Pour cette troisième et dernière table-ronde qui exploitera tous les terrains d’étude et d’analyse possibles, l’espace de la rue sera aussi soumis à la réflexion. En effet, qu’il s’agisse des manifestations politiques encadrées ou déviantes  et des activités de travail nécessitant une régulation, une sacralisation ou un contrôle de l’espace des fêtes profanes ou religieuses, la rue apparaît comme un lieu de circulation, d’errance, de mobilité,  d’ostentation et de sonorités variées ; elle est aussi un lieu à la fois clos et ouvert, un lieu de socialisation et/ou d’anonymat, ainsi que de solitude et de danger, surtout à des heures tardives de la nuit. Parce que marquée à la fois par des ombres et des lignes de fuite, la rue malgré tout fascine, fait peur et attire tout à la fois ; elle donne à l’individu un sentiment de liberté et de plénitude.  Identifier les différents acteurs qui occupent la rue, aussi bien en milieu urbain que rural, analyser les différents lieux où se déploient les notions de clos, d’ouvert, d’ombre et de ligne de fuite, tel est l’objet de cette table-ronde.

Programme

9 h 15 : Mot introductif, Robert Ziavoula, Inalco-CESSMA/RIAM-FMSH

Ombre, espace, politique

-Luc Ngwe, RIAM-FMSH
Les nouveaux lieux de loisirs : les gargotes de rue dans la ville de Douala au Cameroun

-Anne Viguier, INALCO/CESSMA  
D’un espace « partagé » à un espace « public » : usages et contrôle de la rue dans les villes tamoules à l’époque coloniale (XIXe siècle)

- Michèle Leclerc-Olive, IRIS-EHESS/ RIAM-FMSH
Du soleil de la place à l'ombre de la rue. Retours sur quelques mythes fondateurs du politique, de la représentation et du savoir.

-Idrissa Mané, ITEM-UPPA/RIAM-FMSH
S’enclore par le voile et s’ouvrir à Allah. Réflexion sur l’islamité chez les Sénégalaises.

Ligne de fuite, espace de vie

-Abel Kouvouama, ITEM-UPPA/RIAM-FMSH
Les acteurs de la rue : pratiquer le caranaval Biarnès dans la ville de Pau.

-Sonia Dayan-Herzbrun, CESSMA/RIAM-FMSH
Présents/absents: les zombies. Créoliser la pensée politique avec René Depestre

-Lucette Labache, RIAM-FMSH
Sortir du clos insulaire par la migration

-Patrice Yengo, IMAF/RIAM-FMSH
Le clos et l’ouvert ou le contrat prophétique

Conclusions : Abel Kouvouama, ITEM-UPPA/RIAM-FMSH et Patrice Yengo (IMAF-EHESS/ RIAM-FMSH)


Détails

Localisation : INALCO, Salle 3-15 65 rue des Grands Moulins 75013 Paris, métro François Mitterrand
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Table ronde