14 octobre 2015

Mère majuscule, Mère symbolique

Séminaire de recherche interdisciplinaire-international Genre, politique, sexualité(s). Orient/Occident
Responsable : Christiane Veauvy, chargée de recherche honoraire au CNRS / FMSH
Co-responsable :  Mireille Azzoug, directrice honoraire de l'Institut d'études européennes, Université Paris 8

Séance de rentrée de notre séminaire qui aura lieu le mercredi 14 octobre 2015, de 17h à 19h, à la MSH (adresse ci-dessus), en salle du Conseil B, en sous-sol.

Nous aurons le plaisir d'accueillir Annie Richard, agrégée de lettres, ex-enseignante-chercheure à l'université Paris 3 – Sorbonne nouvelle. La conférence qu'elle présentera sur "Mère majuscule, Mère symbolique" prendra pour point de départ son ouvrage récemment paru sous le titre M(m)ère. Auto-essaiL’Harmattan, coll. « Genre et sexualité ».

Discutante : Mireille Azzoug

Nous espérons nous retrouver nombreuses et nombreux pour entendre cette conférence, puis échanger autour de celle-ci et du livre d'Annie Richard, dédiés l'une et l'autre à un thème rarement abordé à partir de la question du symbolique.

Résumé

A l’heure de la  révolution procréatrice  où les femmes sont dégagées de l’assignation maternelle qui les tenait au foyer, il est plus que jamais nécessaire de s’interroger sur la place de la mère dans l’espace symbolique, niveau où Françoise Collin situe à juste titre l’objectif majeur du féminisme. Le rôle de mère a en effet été un facteur majeur de l’essentialisation genrée : il est désormais possible, quand celui-ci devient effectivement un choix,  de repenser l’état de mère et le féminin qui en découle.

S’engager dans cette voie suppose de se relier à une réflexion philosophique contemporaine qui ne concerne pas uniquement le féminin ( voir  Isabelle Thomas-Frogiel, Le Lieu de l’Universel, Seuil 2015) : il s’agit d’accéder au symbolique non à partir d’une pensée universaliste traditionnelle de la perspective, dominante encore aujourd’hui dans la problématique  du genre, visant à une uniformisation désincarnée des sexes, mais à partir d’expériences vécues singulières, selon une approche phénoménologique, telle que la prône spécifiquement dans une problématique féministe Camille Froidevaux-Metterie in La Révolution du féminin, Gallimard, 2015. Cette optique remet en cause toute structure immuable de pensée dont procède notamment la dichotomie corps/esprit fondatrice de la hiérarchie symbolique plaçant les femmes du côté de la nature et de la procréation et les hommes du côté des avancées culturelles et de l’art, structure que reproduit le féminisme en faisant du corps des femmes et de la maternité un sujet tabou. Il est au contraire urgent de reposer la question du sujet féminin en relation-confrontation avec les identités symboliques inscrites dans le langage et les représentations imagées, autant de figures qui alimentent les grands récits du genre. C’est dans cette mouvance que s’est trouvée spontanément située  mon étude : M(è)re. Auto-essai, liant autobiographie et recherche théorique.

Bio-bibliographie

Annie Richard, agrégée de lettres, a soutenu en 1981 une thèse concernant Le grand repas de Gisèle Prassinos, à Paris III-Sorbonne nouvelle, où elle a enseigné de 1986 à 1997. Elle a publié de nombreux articles, consacrés principalement à l’œuvre de Gisèle Prassinos – notamment dans les revues Littérature, médecine et société n°12, Europe, janvier 1994 ; Mélusine n° XVI, 1997 ; Lunes n°5, octobre 1998; elle a réuni le dossier spécial consacré à Gisèle Prassinos dans la revue Desmos d'octobre 2000 et publié dans la revue belge Remue-Méninges n°24 en 2001. Elle a écrit la notice sur Gisèle Prassinos dans le Dictionnaire de Poésie de Baudelaire à nos jours, sous la direction de Michel Jarrety,  P.U.F, 2001. Elle a fait des conférences-entretiens avec l’auteur aux facultés universitaires de Bruxelles et Namur. Elle a participé aux colloques de Cerisy la Salle, à propos des tentures de Gisèle Prassinos – «  Les avatars de Salomé », août 1997 pour « La part du féminin dans le surréalisme » ( actes publiés dans La femme s’entête, Lachenal et Ritter, 1998) et « La légende dorée de Gisèle Prassinos » pour « Merveilleux et surréalisme », août 1999 ( actes publiés dans Mélusine n° XX. L'âge d'homme, 2000). A l’occasion de ce dernier colloque, elle a organisé une exposition de tentures à l’abbaye de Hambye. Elle a rédigé une postface pour la réédition du Visage effleuré de peine aux Editions Le Cardinal, 2000.

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