09 juin 2015

L'histoire des relations entre le Congo et la Chine

Séminaire "L'histoire des relations entre le Congo et la Chine" dans le cadre du programme ELITAF Étudiants et élites africaines formées en URSS et dans les pays de l'ex-bloc soviétique.

La coopération sino-congolaise est marquée en partie par l'histoire des deux pays qui ont subi au cours de leurs histoires respectives, des influences exogènes. Ayant eu des  histoires parfois semblables, le Congo, ancien allié du bloc socialiste, et la Chine se sont solidarisés en vue de promouvoir le développement. L’engagement de la Chine au Congo est particulièrement important en termes de soutien financier et moral, et le Congo peut tirer parti de l’expérience de développement de la Chine. Celle-ci a des « leçons à offrir » dans les domaines stratégiques du développement : l’éducation, l’égalité et les réformes. Lors de sa visite au siège de l’UNESCO le 27 mars 2014 à Paris, le président chinois Xi Jinping a, dans son discours, fait connaître son opinion et ses propositions sur les échanges internationaux, le respect mutuel et l'harmonie entre les différentes civilisations.
Dès le 22 février 1964, le Congo établissait des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, et développait une coopération économique, financière et éducative avec la Chine.
Plusieurs contrats bilatéraux ont depuis été signés dans le cadre de la coopération sud-sud entre la Chine et le Congo,  autour d’un jeu économique gagnant-gagnant, matières premières contre infrastructures. Ce jeu, qui se distingue de la coopération asymétrique nord-sud, privilégie la qualité plutôt que la quantité des échanges économiques. Le solde des échanges commerciaux entre la Chine et le Congo est cependant en baisse, mais en faveur du Congo, en passant de 5.559 millions en 2006 à 4.934 millions de dollars USA en 2014. La Chine est l’un des principaux clients du Congo (56% des exportations totales du Congo) suivi des USA (11,45%), de l’Australie (8,9%) et de la France (5,5 %) ; alors que les principaux fournisseurs du Congo sont la Chine (19,3% du total des importations du Congo), la France (19,1 %), l’Italie (6,3%) et les USA (5,6%).
Le partenariat sino-congolais s’est plutôt consolidé à travers les décennies, et l’aide technique a couvert tous les domaines de développement avec des réussites et aussi des points faibles. Un exemple concret, en 1978, la Chine avait construit à Moukoukoulou, un barrage hydro-électrique de 72 mégawatts, dont la puissance a été réduite à 25 mégawatts à la suite des destructions dues à la guerre civile de 1997. Faute de transfert de technologies, le Congo n’a souvent pas pu s’approprier ces réalisations, livrées clés en main. Après la période de garantie, elles ont été abandonnées dès les premières pannes liées au manque d’entretien et à la récurrence des erreurs de gestion qui ont conduit progressivement à leur liquidation totale. Ainsi, l’absence de transfert de technologie crée une dépendance technologique du Congo vis-à-vis de la Chine comme dans la coopération asymétrique du Congo avec les pays du Nord.
Dans le domaine éducatif, nous notons une croissance constante du nombre des étudiants congolais qui choisissent d’aller poursuivre leurs études en Chine. Chaque année, environ 100 étudiants congolais s’inscrivent dans les différentes universités chinoises : on compte parmi eux  des bénéficiaires de la bourse du gouvernement chinois, de celle de l’Institut Confucius, et des étudiants partant à leurs propres frais. L’Institut Confucius de l’Université Marien Ngouabi, inauguré en juin 2012, premier de ce type au Congo et 29e en Afrique, est devenu une nouvelle plateforme d’échanges et de coopérations éducatifs entre les deux pays. A noter aussi le soutien de la Chine pour la construction des infrastructures de base concernant l’éducation, par exemple la bibliothèque de l’Université Marien Ngouabi et sa médiathèque chinoise, les trois écoles rurales d’Amitié sino-congolaise, le complexe de Massengo pour l’enseignement secondaire en construction, la réhabilitation des écoles dans la zone sinistrée de Mpila.

Avec Edmond Moukala, ancien étudiant en Chine, et ingénieur génie-civil en gestion et planification. E. Moukalaest est l’Assistant personnel du Président de la Conférence générale de l’UNESCO (l’actuel Vice ministre de l’Education de la RP de Chine – Dr HAO Ping).  Il a vécu et travaillé pendant 16 années en Asie, plus précisément en Chine,  Corée du Sud et du Nord,  Japon et Mongolie.  Dans le cadre de ses recherches, il étudie le modèle chinois comme source d’inspiration pour le développement africain.
E. Moukala est aussi le Chef d’Unité Afrique au Centre du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Depuis 2004,  il travaille dans les projets couvrant les domaines des politiques culturelles et du dialogue interculturel entre l’Afrique et sa diaspora, en particulier en Amérique et dans la Caraïbe. Il est membre du Bureau de la fondation « African Diaspora Heritage Trail – ADHT».
E. Moukala est spécialiste des questions de préservation du patrimoine, et du tourisme et du développement au profit du renforcement des capacités des populations locales. Ses intérêts divers concernent l’esclavage, l’identité culturelle dans son ensemble, et le dialogue interculturel, la préservation du patrimoine, ainsi que tous les programmes visant la jeunesse et la lutte contre la pauvreté.

Contacts :

Luc Ngwe :

Monique de Saint Martin :

Tatiana Smirnova :


Détails

Lieu : Le France
Localisation : salle du conseil B
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Séminaire