06 mai 2015

Transmission à long terme et cadres institutionnels

Séance du séminaire de sémiotique, autour de la question de transmission : histoire, anthropologie, éducation.

Romain LAUFER, HEC-Paris - Les cadres institutionnels de la transmission: Système de légitimité, droit et management.

Pour Antony Giddens, les institutions constituent la dimension la plus stable du contexte des actions humaines. Par ailleurs , la caractéristique essentielle des institutions réside dans le fait de constituer un ensemble de présupposés partagés, à un moment donné, en un lieu donné par un ensemble d’acteurs sociaux. La transmission est une forme particulière d’interaction sociale. La question du lien entre institution et transmission est de savoir si celle-ci se situe entièrement dans le contexte des limites stables constituées par les institutions qu’elle contribue alors à renforcer ou si, transgressant ces limites, elles ne conduisent pas à leur déstabilisation. Les inquiétudes soulevées de plus en plus souvent par ce qu’il est convenu d’appeler la « crise de la transmission » sembleraient faire pencher pour la deuxième branche de l’alternative. Le poids croissant des logiques du management et du marketing dans le fonctionnement de toutes les institutions sociales et, au premier chef, dans les institutions d’enseignement, semble illustrer de manière particulièrement éloquente une crise au sein de ce qu’il est convenu d’appeler l’exception culturelle française. Toutefois, l’évocation de la notion de crise suscite inévitablement trois questions : doit-on la considérer comme un phénomène négatif ou positif, une menace ou une source d’opportunité ; s’agit-il d’un phénomène spécifiquement moderne ou d’une dimension permanente de toute vie humaine ;  enfin affecte-t-elle plus particulièrement certaines sociétés, la France par exemple, du fait de son attachement à la notion d’exception culturelle. Il sera proposé de considérer ces questions à l’aide des notions de système de légitimité, d’histoire des systèmes de légitimité et de crise des systèmes de légitimité.

Eleni MITROPOULOU, CERES, Université de Limoges - Quelques propositions sémiotiques pour la transmission "à long terme"

Lorsqu’une Institution interpelle la Recherche pour penser les solutions actuelles pour des productions humaines en termes d’enjeu pour l’avenir, très lointain, et les générations à venir, on pourrait se dire que la spéculation (basée sur l’arbitraire et l’invérifiable) est un danger imminent autant pour la recherche que pour les productions voire l’Institution en question. Si, en plus, ces productions et ces solutions sont hautement déterminantes pour les sociétés futures – comme le déchet nucléaire et son stockage en couches géologiques profondes – alors la Recherche assume une sorte de responsabilité collective.
Au-delà de ces considérations et de tout positionnement idéologique - relatif aux solutions et décisions institutionnelles liées à ces productions – nous exposerons l’intérêt de travailler la notion de transmission en fonction de la résistance des effets de sens dans le temps et dans l’espace dont, forcément, le chercheur ignore le devenir. Puisque la sémiotique est appelée à statuer sur la « bonne longévité » des processus de communication, des messages d’information et des ensembles signifiants, alors il s’agirait de penser ces productions et ces solutions comme valeur, comme rôle et comme acteur de la transmission qui inscrit l’Homme dans les systèmes de médiatisation et met à l’épreuve trans-générationnelle le « tout de communication » …


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Lieu : La maison Suger
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