14 avril 2015

La Dette symbolique : thérapies traditionnelles et psychanalyse

Séance dans le cadre du séminaire Anthropologie, psychanalyse et politique. Regards sur les terrains, de l'Association française des anthropologues (AFA) Cycle 2014-2015 : La globalisation entre marchandises et sujets. Avec Charles-Henry Pradelles de Latour, ethnologue africaniste, directeur de recherche émérite du CNRS, et psychanalyste. Il a déjà publié : Le crâne qui parle (1996), Incroyance et paternités (2001),  Rites thérapeutiques dans une société matrilinéaire. Le gérèm des Pèrè (2005).

À quoi tient l’efficience du guérisseur africain, du chaman amérindien et sibérien, du culte de possession au Sahel ? Le dernier livre de Charles-Henri Pradelles de la Tour, La dette symbolique, est le fruit d’une longue élaboration, qui se situe sur les marches de l’anthropologie sociale et de la psychanalyse. Au lieu de construire une anthropologie psychanalytique comme Géza Róheim, ou une ethnopsychiatrie comme Georges Devereux, l’auteur a pris le parti de montrer que, parallèlement à l’enchainement des positions subjectives qui prévalent dans la cure psychanalytique, on trouve dans plusieurs thérapies traditionnelles connues le même type d’enchainement induit par des changements de discours. Ainsi pour passer de la frustration à la castration, le guérisseur bamiléké fait passe ses clients du discours conflictuel de la sorcellerie au discours pacifique de l’alliance matrimoniale qui repose sur la dette symbolique. Guérir, c’est changer de discours. Les croyances détachées de leur état subjectif sont des formes sans substance, les états subjectifs sans expression discursive sont sans résonance sociale. Ainsi s’éclaire, de manière inédite en anthropologie, aussi bien ce qui sous-tend les thérapies traditionnelles que la cure analytique.


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Lieu : La Maison Suger
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