13 mars 2015

La mise en œuvre de l’obligation de revitalisation des bassins d’emploi : quelle contribution à une gestion précautionneuse de la santé économique des territoires ?

Séminaire DIM Gestes, avec Solveig GRIMAULT (Sociologue à l’INRS).

Ce séminaire, adossé à une enquête de terrain conduite sur plusieurs territoires, s’intéressera aux pratiques de revitalisation du territoire mises en œuvre au titre de « l’obligation de revitalisation des bassins d’emploi » à laquelle sont soumises les grandes entreprises procédant à d’importants licenciements collectifs. Nous interrogerons les conditions dans lesquelles l’Etat et l’entreprise en restructuration négocient le contenu des conventions de revitalisation, et la façon dont ces conventions soutiennent (ou pas) des perspectives de développement économique locales. Nous évoquerons également la tension qui existe entre reclassement (des salariés licenciés) et revitalisation (du ou des bassins d’emploi affectés par les licenciements), puis discuterons enfin la notion d’anticipation : il est généralement tenu pour acquis que l’anticipation est a priori favorable aux territoires, et qu’une gestion « à froid » est préférable à une gestion « à chaud »  pour ce qui est de la prise en charge des effets d’une restructuration par exemple. Mais la notion d’anticipation recouvre-t-elle la même chose pour l’entreprise et pour des acteurs locaux ? Sur quoi porte-t-elle dans chacun des cas ? Quelle extension faut-il lui donner pour qu’elle puisse effectivement soutenir des pratiques permettant de préserver la santé économique d’un territoire ? »

Solveig Grimault, sociologue de l’Institut de Recherches Économiques et Sociales (IRES), discutée par Tatiana SACHS, juriste, Université de Paris Ouest Nanterre la Défense.


Ce rendez-vous est organisé dans le cadre du programme scientifique du DIM Gestes, Groupe d’Étude sur le Travail et la Souffrance au Travail, au titre des séminaires mensuels « Les Lieux-Dits du Gestes » dont la thématique 2014-2015 est intitulée « Espaces, Lieux et Travailleurs ».

Bureau, atelier, manufacture, usine, tour, cabinet, voiture, laboratoire, cuisine, salle, magasin, chantier, amphithéâtre, domicile, route, rue, etc. : autant d’espaces et de lieux affectés à des activités professionnelles, les accueillant, temporairement ou durablement.
L’industrialisation a entraîné la mise à distance des lieux de travail et de vie et la spécialisation d’espaces dédiés qui, participant de la remise en cause de l’autonomie des travailleurs, redéfinirent les périmètres d’exercice direct de l’autorité patronale, enjeux de conflits de pouvoirs. L’augmentation rapide des échanges mondiaux a repoussé les frontières de la division du travail, venant brouiller l’unicité de l’espace de travail des salariés d’une même entreprise. La révolution numérique et la troisième révolution industrielle mèneraient-elles à la dématérialisation des environnements de travail, à des mobilités généralisées, voire au nomadisme et à son corollaire en termes de précarité, ainsi qu’à l’effacement des frontières entre travail et hors travail ? La capacité à articuler, coordonner les temps et espaces de travail des différents acteurs du processus de production détermine l’efficacité d’une organisation ; de ce fait, l’injonction à la flexibilité, spatiale autant que horaire, des salariés devient récurrente. Relativement récente, la notion de poste de travail s’avèrerait-elle également éphémère, comme semble l’indiquer l’aménagement de certains open space ?
Pour les grandes entreprises, l’organisation de l’espace à l’intérieur des locaux ou l’architecture des sièges sociaux sont souvent des vecteurs communicationnels et visent à matérialiser une image, vis-à-vis de l’extérieur, mais aussi la hiérarchie, à l’attention de ses membres.

Les décisions en matière de lieux de conception, production, gestion, distribution et d’organisation de ces lieux ont des conséquences sur les travailleurs, mais aussi sur les clients et les fournisseurs, sur les relations entre ses différents acteurs, sur les collectifs de travail, ainsi que sur les produits et services. Ils peuvent encore contribuer à brouiller les contours du salariat et, par suite, ses caractéristiques.
Comment les lieux de travail et leurs évolutions ont-ils, au fil du temps, modelé les territoires, les paysages et les relations sociales en milieux urbains et ruraux ? Quels impacts les choix organisationnels et architecturaux ont-ils sur les travailleurs, sur leurs activités, sur leurs vies, sur leurs conditions de travail ? Qu’en est-il du devenir des contraintes et atouts du bâti quand des activités différentes s’y succèdent ?

Au-delà des travaux d’inspiration ethnométhodologique ou de workplace studies, des recherches portant sur les structures, les frontières, les transformations des espaces et lieux de travail, sur leurs effets sur les travailleurs -leurs interactions, leurs représentations- et sur l’environnement, ont pu être menées en histoire, sociologie, économie, gestion, géographie, urbanisme, architecture, droit…


Détails

Lieu : La Maison Suger
Ajouter à mon agenda

Partager
Séminaire