07 avril 2015

Sociologie de l’environnement

Séminaire du GRETS avec Bernard Kalaora (Professeur Honoraire à l’Université de Picardie ; Association LITTOCEAN)

La séance sera introduite par Arthur Jobert (EDF R&D)

La sociologie à l'épreuve de l'environnement : une reconnaissance qui fait problème.

La question de l’environnement est devenue centrale  pour penser les enjeux et résoudre les problèmes contemporains. Elle est un défi majeur tant pour les sociétés que pour la sociologie et, plus largement les sciences sociales.

Mais alors qu'une sociologie de l'environnement s'est depuis longtemps développée et structurée dans le monde anglo-saxon et en Allemagne, la France semble rencontrer une difficulté particulière à développer un champ de réflexion autonome sur l'environnement.
sur multiples univers l’environnement. Quelles sont les raisons et les conséquences de cette difficulté? Pour répondre à cette question Bernard Kalaora s'appuiera sur une expérience qui l'a conduit à circuler entre de multiples univers (INRA, Service de recherche du ministère de l'environnement, EHESS/LAIOS, Université d'Amiens...) et à croiser les regards selon différentes postures et lieux traversés (chercheur, gestionnaire de la recherche, enseignant, expert). 

A travers deux ouvrages récents (L. Charles et al 2014, Kalaora, Vlassopoulos 2014), écrits en collaboration, Bernard Kalaora se propose d'analyser les apories de la réflexion et de la culture française confrontées à un problème qui ne se limite pas à un champ purement social et qui, de plus, est transnational et transdisciplinaire. A la différence d'autres projets d'étude, celui-ci nécessite pour se l'approprier de repenser la pratique sociologique telle que celle-ci s’est construite et développée en France. Les catégories usuelles héritées de la tradition sociologique paraissent en effet impropres à la compréhension d’un phénomène aux caractéristiques multiformes et d'une problématique où la complexité et l'incertitude sont la norme. Dans ces ouvrages, et notamment dans l'ouvrage écrit en collaboration avec Chloé Vlassopoulos, B. Kalaora insiste sur la nécessité de réviser ou d'abandonner des croyances enracinées
telles que celles de l'exceptionnalité humaine et du refus de voir l’humain comme une partie intégrantre du monde vivant, ou encore l’obsession de la maîtrise et de la toute puissance du concept pour ordonner le monde social. Il met au contraire en avant la notion  d’incomplétude et de surprise dans les savoirs sur l'environnement et de la nécessité de les intégrer dans une sociologie spécifique.

Bernard Kalaora a été chercheur à l’INRA puis il a rejoint le service de recherche du Ministère de l’Environnement. Il a ensuite été Conseiller scientifique au Conservatoire du Littoral et professeur de sociologie de l’environnement à l’Université de Picardie et chercheur associé au laboratoire d’anthropologie des institutions et organisations sociales (EHESS/LAIOS). Il est par ailleurs consultant auprès d’organisations nationales et internationales dédiées à la gouvernance de la mer et du littoral. Il est président de l’association LITTOCEAN, un laboratoire d’idées visant à développer la dimension maritime de l’action publique.

Bibliographie

Kalaora Bernard, Vlassopoulos Chloé, Pour une sociologie de l'environnement. Environnement, Société et politique, Seyssel, Champ Vallon, 2013.
Charles Lionel et al.(éds), Environnement et sciences sociales en France et en Allemagne, Paris, L’Harmattan, 2014.
Kalaora Bernard, Theys Jacques (édit., La Terre outragée. Les experts sont formels !, Paris, Autrement, 1992.


Détails

Lieu : La Maison Suger
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Séminaire