14 mai 2014

La place des minorités dans les bouleversements sociopolitiques en sud Méditerranée

Révolutions, régressions et / ou récupération ? L’exemple des Berbères

Table ronde organisée par la Revue Awal (FMSH)-EHESS/LAS

Cette rencontre est la poursuite d’un questionnement amorcé il y a quelques années autour des révoltes en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Après la Libye, l’Egypte, la Tunisie, des pays comme la Syrie, le Mali connaissent à leur tour des situations de crise. Ces événements survenus ces dernières années dans la Rive sud de la Méditerranée, au Proche Orient et au Sud Sahara ont bousculé des situations politiques, des croyances religieuses, des idéologies supposées « indéracinables » car elles puisent leur légitimité des mouvements d’indépendance et, du coup, laissé poindre des espoirs de changements démocratiques et d’ouverture fondés sur l’égalité des droits (rapports de genre, minorités religieuses, linguistiques etc.) Last but not least, ces bouleversements ne sont pas forcément un pas vers des « révolutions démocratiques » (au sens de mise en question totale et radicale des systèmes établis pour l’instauration d’une politique plus large où les populations auraient une place certes mais aussi une implication dans le choix politique) mais favorisent parfois le retour vers un rééquilibrage des rapports de force.

L’émergence des monarchies (jusque-là discrètes) sur l’échiquier politique international détermine des enjeux stratégiques politico-financiers dans la région à l’instar du Qatar.

Dans ce cas, comment dissocier le vocable de révolution de celui de restauration au sens où cette situation profite à de jeunes puissances (monarchiques ou émiraties) d’étendre leur influence dans l’ensemble de l’espace dit musulman et au-delà. Dans cette rencontre, il est important de revenir au rôle qu’ont joué (et que jouent encore) les populations, en Libye, en Algérie, au Maroc, dans la lutte pour une diversité culturelle entendue comme un préalable à un contrat social fondé sur des principes démocratiques. L’officialisation de la langue berbère au Maroc est issue de ce large mouvement de contestation. Pour finir, comment ne pas voir le fait culturel dans la revendication du MNLA au Nord du Mali ?

Cette rencontre a pour objectif la confrontation de points de vue sur les évolutions de ces pays en essayant de dégager une analyse pouvant éclairer la recherche sur ce qui s’y joue face à une opinion européenne (et internationale) peu encline à comprendre la nature profonde de ces drames humains qui surviennent à ses portes.

Participants

Jean-Pierre Dozon, Directeur scientifique FMSH, Paris : ouverture

Tassadit Yacine, Directeur d’études, EHESS, Paris : « Les émeutes contestation politique ou réaction intempestive ? (l’exemple algérien) »

Pierre Vermeren, Professeur, Université Paris1er : « le projet de colloque et sa signification? »

Elie Kheir, Professeur émerite : « Les mouvements de contestation dans le Monde arabo-musulman entre 2011 et 2014 : Que s’est-il vraiment passé? »

Hélène Claudot-Hawad, Directrice de Recherche au CNRS, UMI 3189 : « L’Azawad entre Mali, Aqmi et Paris : les registres sémantiques à l’oeuvre pour dire la crise »

Lagha Chegrouche, chercheur, Université Paris1er : « Le Mzab : tentatives de mise sous tutelle et wahhabisation »

Didier Le Saout, Maître de conférences, Université Paris 8, « Mobilisations et constructions identitaires pour la reconnaissance de l’amazighité et en Algérie et au Maroc »

Masin Ferkal, Chercheur associé au CRB (Inalco), Paris : « Imazighen de Libye : langue et révolution »

Lahoucine Bouyaakoubi, chercheur, faculté des lettres d’Agadir : « la revendication amazighe au Maroc dans le contexte du 20 février »

Mehdi Iazzi, Linguiste, Faculté des lettres, Agadir : « Politique linguistique au Maroc : quelle loi ? »

Rachid Agrour, chercheur à l’IRCAM (Rabat) : « Regards actuels sur la mouvance berbère au Maroc. Entre confusion et doxa »

El Khatir Aboulkacem, anthropologue, IRCAM, Rabat : « Contestation berbère et bouleversement des “frontières identitaires” de la Nation au Maroc »

Aissa Kadri, Professeur émerite, Université Paris 8 : mouvements sociaux et intelligentsias au Maghreb/Égypte approche comparée

L. Eva Saenz-Diez Jaccarini, chercheur, Université Paris 8 : Des minorités en Egypte, regards croisées avec le Maghreb

Meriem Rodary, Docteure en Sciences Sociales EHESS/LAS, Paris : « Sociabilité féminine populaire au Maroc: des bases pour la mobilisation? »


Détails

Lieu : Le France
Localisation : Salle du conseil A
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Table ronde