04 mars 2014

Les chrétiens de Syrie et d’Ethiopie pris entre religion et politique

Entretien avec Anna Poujeau et Boris Adjemian animé par Eloi Fiquet à l’occasion de la parution de Des monastères en partage. Sainteté et pouvoir chez les chrétiens de Syrie à la Société d’ethnologie, et de La fanfare du Négus. Les Arméniens en Ethiopie, XIXe-XXe siècles aux éditions de l’EHESS.

Dans l’ouvrage Des monastères en partage l’auteure analyse les formes d’inscription sociale et politique des chrétiens en Syrie, à partir d’une enquête de terrain menée entre 2002 et 2010 dans les monastères du pays. Lieux des saints et lieux de miracles, les monastères sont visités toute l’année par des milliers de dévots issus de toutes les confessions. L’ethnographie révèle les rapports entre monachisme, pouvoir et sainteté, dont la complexité atteint son  paroxysme lors des fêtes célébrées au monastère et au village, quand les jeunes hommes chrétiens s’emparent du pouvoir des saints pour affronter celui des l’Église et de ses prélats.

Les Arméniens qui ont immigré en Éthiopie à partir de la fin du XIXe siècle, nous apprend l'auteur de La Fanfare du Négus, se sont implantés dans le pays d’accueil au point d’en devenir partie intégrante, comme le rapporte la mémoire collective de leur immigration. Les liens religieux ancestraux entre chrétiens arméniens et éthiopiens ont été mobilisés activement par les rois d’Éthiopie au début du XXe siècle, au moment où l’État éthiopien affirmait son indépendance sur la scène diplomatique internationale. C’est ainsi que des musiciens arméniens, dont une fanfare de 40 orphelins rescapés du génocide de 1915, furent choisis par le prince héritier d’Éthiopie, en 1924, pour écrire et jouer la musique officielle du pays, participant ainsi directement à la création de ses symboles nationaux.

L’utilisation des étrangers et la puissance des saints sont deux manières d’envisager les rapports entre pouvoir et religion que les auteurs, ethnologue et historien, aborderont au cours de cette rencontre.

ANNA POUJEAU est ethnologue, membre du Centre d’études interdisciplinaires des faits religieux, CNRS-EHESS,
BORIS ADJEMIAN est historien, chercheur associé au Centre d’études des Mondes africains, CNRS-EHESS
ELOI FIQUET est historien et anthropologue, maître de conférences à l’EHESS


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Lieu : Le Comptoir des Presses
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