11 février 2014

L'économie de la confiance

Avec Eloi Laurent, Economiste et conseiller scientifique à l’OFCE, Enseignant à Sciences Po Paris et à Stanford University

La séance sera introduite par Jérôme Cihuelo  (EDF R&D)

La séance s’appuiera sur la publication récente de l’ouvrage d’Eloi Laurent, économiste, qui se propose d’investiguer la notion de confiance à la lumière de travaux en économie, mais aussi en sociologie et en sciences politiques. La lecture socio-économique retenue permet de montrer que la confiance ne peut se réduire à une dimension ou à un mobile d’action. Malgré les réserves des économistes et l’absence de traitement direct par les grands paradigmes sociologiques, on assiste depuis les trois dernières décennies à une multiplication de travaux en sciences sociales (Luhmann, 1979 ; Gambetta, 1988 ; Coleman, 1988 et 1990, Granovetter, 1992 ; Giddens, 1994 ; Karpik, 1996 ; Hardin, 2004 ; Ogien et Quéré, 2006) retenant la confiance, même si souvent caractérisée par sa polysémie et sa complexité, comme une catégorie d’analyse spécifique.

Dans le monde économique contemporain, il semble que la confiance soit partout et partout nécessaire. De la Banque centrale européenne aux commerces de proximité, du contrat de travail à la reprise mondiale : sans confiance, point d’échange et donc pas de vie économique.

De manière conjoncturelle, la crise globale, financière et économique, déclenchée au printemps 2007 a placé au centre du débat public mondial le thème de la confiance : confiance dans les relations interbancaires, confiance des ménages et des entreprises dans l’avenir, confiance des marchés dans la signature de la puissance publique. Dans ce contexte, la confiance est sans cesse évoquée et invoquée : à la crise de confiance dans les marchés, les Etats, l’avenir, répond la nécessité de rétablir, ramener, retrouver la confiance.

Mais les économistes se sont paradoxalement souvent montrés sceptiques sur cette question il est vrai souvent confuse, comme plus généralement sur le concept de capital social. Le premier enjeu de cette présentation sera donc de circonscrire et de préciser ces deux notions connexes. 

Eloi Laurent s’attachera ensuite à préciser le rôle que jouent le capital social et la confiance dans le développement économique, et qui paraît considérable. Mais comment en prendre l’exacte mesure ? On s’intéressera pour cela à la distinction entre les différentes formes de confiance et à leur mesure dans la littérature économique pour conclure que la métrique la plus couramment utilisée actuellement , la confiance dite « généralisée », est aussi l’une des plus problématiques du point de vue de sa signification. Ce constat, en forme d’appel à la prudence, conduira Eloi Laurent à clore la présentation par une critique du thème de la « société de défiance » (caractérisée par la « défiance mutuelle » et « l’incivisme », Algan et Cahuc, 2007) appliqué à la France.

Bibliographie

- Éloi Laurent, « Peut-on se fier à la confiance ? », Revue de l’OFCE, janvier 2009 http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/1-108.pdf

- Éloi Laurent, Economie de la confiance, La Découverte, 2012 (édition italienne en 2013) http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-_conomie_de_la_confiance-9782707167743.html

- Eloi Laurent, “Inequality as pollution, pollution as inequality”, Stanford Center on Poverty and Inequality Working Paper, November 2013. http://www.stanford.edu/group/scspi/_media/working_papers/laurent_inequality-pollution.pdf


Détails

Lieu : La Maison Suger
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