18 décembre 2013

La politique de l’économie : imaginaires et représentations sociales dans les temporalités de la mondialisation

La référence à l’économie et la crise est de tous les débats publics, des sphères de la décision politique jusqu’aux espaces académiques, en passant par les différentes composantes de la société civile. L’économie, catégorie lexicale générique associée à une diversité de référents sémantiques (de l’économie solidaire au capitalisme mondialisé), les discours sur l’ « économie » cristallisent des positions et mobilisent des forces idéologiques antagonistes, convoquent de la culture (aliénée par une économie qui l’industrialise, de Arendt à Adorno) contre de la culture (« consumériste » en voie de mondialisation), de la société (nationale) contre des sociétés (multinationales), du local (politique) contre du mondial (économique)… et offrent donc à l’analyse un vaste champ de topiques et de postures d’énonciation à propos de la place et des effets de l’économie dans le contexte de la mondialisation.

Cette journée d’étude s’intéressera d’un côté aux interactions entre les réalités de la crise économique avec les représentations sociales et discours qui portent sur elle, et leur confrontation aux registres de la démocratie et du politique. L’angle retenue sera celui des imaginaires et représentations sociales de l’économie, considérées au prisme de la temporalité des acteurs et des questions de responsabilité morale, dégagées à partir des nouveaux clivages générés par la crise financière entre l’univers de la finance et celui de l’action politique (Touraine, 2010). Cette perspective s’inspire du regard psychosocial de Moscovici (1961/1976) (mais pas seulement) et de la philosophie politique de Castoriadis (1975) qui considère la démocratie et l’économie comme des « significations imaginaires centrales » et la conscience de leur dimension imaginaire comme une étape vers un projet d’autonomie des pensées individuelle et sociale,  le non rationnel et la radicalité dans l’imaginaire, à partir desquels la création est possible. La temporalité se définit quant à elle comme altérité-altération constante de la société, à l’échelle du quotidien (et non seulement au moment d’une catastrophe ou d’une révolution). Si le diagnostic établi à partir des représentations de l’économie par les Européens engendre une hétéronomie de type kantien et même une aliénation marxiste, il peut constituer en même temps une entrave à leur action en tant que « citoyens » ou « sujets » (Wieviorka, 2012) et la démocratie. D’autres voix suggèrent à l’opposé que l’économie (ou du moins un certain système économique) contribue à l’épanouissement social des individus, et est corrélatif d’idées et d’institutions démocratiques. Il importe donc de reprendre les termes du débat au regard de ce qu’on pourrait appeler l’institution imaginaire de l’économie, en explorant les enjeux (sociaux et scientifiques) d’une question qui aurait pu être cantonnée à un registre strictement idéologique.

Avec la participation de :

Noëlle Burgi, (Chargée de recherches en sciences politiques, CNRS, Université Paris 1)
Alexander Ebner (Professeur de politique économique, Université Goethe de Francfort)
Keith Hart (Professeur d’anthropologie sociale, Université de Pretoria)
Frédéric Lebaron (Professeur de sociologie, Université de Versailles)
Thalia Magioglou (responsable EPoPs/FMSH, chercheure associée IIAC/EHESS, Paris)
Achilleas Mitsos (Professeur d’économie, Université d’Athènes)
Lionel Obadia (Professeur d’anthropologie sociale, Université Lyon 2)
Christine Roland-Lévy (Professeur de psychologie économique, Université de Reims)
Rui Tavares (Eurodéputé, Portugal)
Et présence de Victor Robert, journaliste Canal+


Détails

Lieu : Le France
Localisation : Salle CNRS 640
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