12 juin 2013

Corps et patrimoines dans l'espace chorégraphique africain

Le Workshop « Corps et patrimoine dans l’espace chorégraphique africain » s’inscrit dans la continuité des réflexions menées par le programme de recherche de la FMSH « Les territoires du patrimoine en Afrique subsaharienne : enjeux politiques et scientifiques ». Conçu comme une veille sur l'actualité scientifique autour du patrimoine en Afrique, le programme regroupe des recherches initiées dans un cadre académique sur les conséquences sociales et culturelles de l’inflation patrimoniale, et élabore un état de l’art sur un domaine encore méconnu des recherches en Afrique. Il aborde les multiples déclinaisons du patrimoine en valorisant des recherches situées et en questionnant les processus locaux et globaux actifs dans la construction des représentations du passé, des identités et des territoires.

Réunissant des recherches menées sur  les  espaces et les pratiques chorégraphiques en Afrique (Burkina Faso, Mali, Guinée, Kenya, Tanzanie, Cameroun,  Sénégal), le groupe de travail « Danse, corps et patrimoine » est à l’initiative d’une journée d’étude sur la danse contemporaine et ses rapports avec les politiques culturelles en Afrique et dans la Caraïbe. À partir de la présentation de recherches et d’expérimentations artistiques en cours, le groupe de recherche mettra en débat l’articulation entre patrimoine et création. En collaboration avec Afrikadaa, des artistiques proposeront des réflexions multiformes sur le corps dans les performances artistiques, d’arts plastiques en travaillant avec l’architecture coloniale, la danse et les arts vivants.

A partir de la conjugaison entre des recherches, des créations plastiques, performatives et visuelles, il s’agit de réinterroger les rapports entre créations contemporaines et patrimoine. Il s’agira d’envisager les formes de patrimonialisation chorégraphique des États africains et les processus créatifs à partir desquels les danseurs s’approprient et gèrent au quotidien des régimes de savoir hétérogènes ainsi qu’aux manières dont ils composent avec des héritages passés. Dans le sillage des heritages studies, ce groupe vise également à mettre à jour la manière dont les sociétés et les acteurs pensent leurs héritages dans des formes alternatives aux labellisations internationales (UNESCO, IUCN etc.).

Les dynamiques institutionnelles du patrimoine chorégraphique en Afrique

Depuis la mise en place d’une convention sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en 2003, l’UNESCO est devenu un acteur incontournable de la patrimonialisation chorégraphique. En effet, la danse, et plus généralement les « représentations, les savoir-faire et les techniques » ont, suite à l’adoption de cette convention, accédé au statut de patrimoine longtemps réservé aux objets et monuments. Orienté vers la sauvegarde et la préservation des « danses populaires » et « traditionnelles », le classement de certaines pratiques chorégraphiques a suscité beaucoup de questionnements tant du côté des professionnels du patrimoine que des praticiens devenus « détenteurs/défenseurs » de ces pratiques. Comment sauvegarder des pratiques chorégraphiques sans pour autant réduire leurs interprètes à des archives vivantes? Par quels processus peut-on rétablir une transmission altérée tout en conservant le caractère dynamique des savoir-danser ? Quelles danses plutôt que d’autres méritent une « sauvegarde urgente », pour qui et pourquoi ?

Si des conventions internationales protègent désormais de nombreux savoir-danser de par le monde, les États africains n’ont pas attendu l’existence de ces réglementations pour entreprendre des actions de patrimonialisation des danses pratiquées sur leurs territoires. Depuis les indépendances africaines, les pratiques chorégraphiques ont en effet constitué un enjeu fort des politiques culturelles nationales, dont témoignent la création de nombreux ballets nationaux et l’essor des festivals de danses « traditionnelles » largement soutenus par les pouvoirs publics. Centrées sur la notion d’authenticité culturelle et la promotion des identités nationales, ces initiatives ont donné lieu à de nouvelles mises en scène de la culture, de la tradition et de l’identité, mais aussi à des formes inédites de codification des savoir-danser locaux. Dans certains cas, cette codification a pu se faire à rebours des héritages dansés du passé tout en étant inscrite dans la fabrication de patrimoines liés à la construction des États-nations indépendants.

Le contexte actuel où ces politiques nationales et internationales de mise en patrimoine des danses s’enchevêtrent soulève de nouveaux enjeux et entraîne l’élaboration de nouvelles pratiques. Comment le processus nationaliste de collecte et de mises en spectacle des danses s’accommode-t-il avec le principe de promotion de la diversité culturelle ? Quelles places occupent les institutions chorégraphiques créées au lendemain des indépendances (Ballets nationaux, Biennale artistique et culturelle, Semaine nationale de la culture, etc.) dans le processus actuel de sauvegarde des patrimoines chorégraphiques ? Comment les différents acteurs engagés dans cette dynamique gèrent-ils les rapports de pouvoir et d’autorité liés à cette patrimonialisation de l’immatériel ?

L’entreprise patrimoniale aux prises avec la création contemporaine

Les années 1990-2000 ont été marquées par une internationalisation croissante du marché chorégraphique, et plus spécifiquement par son ouverture aux artistes du Sud. L’essor de politiques transnationales de coopération culturelle et le succès rencontré sur la scène internationale par certains danseurs et chorégraphes africains s’inscrivant dans le champ de l’art contemporain, ont fait de la danse de création une ressource nouvelle, à la fois pour les États et pour les acteurs locaux. Si les formes spectaculaires promues par les ballets nationaux dès 1960-1970 permettaient de véhiculer en Occident la grandeur de la culture africaine, de nouvelles expérimentations chorégraphiques africaines trouvent aujourd’hui une audience et une reconnaissance internationale. À ce titre, elles concentrent les gains économiques et symboliques liés à sa pratique (investissements financiers des institutions de la coopération, invitations des compagnies africaines de danse contemporaine sur les scènes de la consécration artistique). À cet égard, elles conduisent à une progressive reconfiguration des constructions du patrimoine en Afrique, comme en témoignent l’intérêt de plus en plus marqué des institutions patrimoniales pour la création contemporaine et, d’une manière générale, l’intérêt grandissant des États africains pour une discipline jusqu’alors tenue à distance (construction d’un musée de la danse jumelé au Centre de développement chorégraphique de Ouagadougou, haut-lieu de la danse contemporaine africaine ; inclusion d’une formation à la danse contemporaine au sein de la filière danse du Conservatoire National de Bamako ; financements publics de la création contemporaine, etc.).

Ce constat interroge à la fois les formes et les modalités de l’appropriation par les États de ces pratiques de création, et, symétriquement, la manière dont les danseurs et acteurs du champ chorégraphique investissent un patrimoine chorégraphique assigné et/ou revendiqué, dans leur démarche créative – patrimoine qui constitue, sur un marché de la danse contemporaine particulièrement segmenté et concurrentiel, une marque distinctive.

À partir de la présentation et de l’analyse de plusieurs contextes de création chorégraphique, il s’agira alors d’alimenter la réflexion sur les patrimonialisations en Afrique, en en identifiant les différents acteurs, les nouvelles stratégies et les effets sociaux émergents. Parallèle et partie prenante de l’atelier, le travail de création mené par le sculpteur burkinabé Yacouba Touré sur le corps du danseur fournira un point d’appui pour discuter les processus d’artification, ou de passage à l’art, qui se jouent dans les politiques culturelles en Afrique. À partir de ce travail de création plastique réalisé dans un contexte chorégraphique, il s’agit de réinterroger les rapports entre création contemporaine et patrimoine.

Programme de l’atelier (sous-réserve d’ajustements)

Matinales : Introduction de l’atelier

9h30 -10h30
Benoit Hazard, Directeur du programme patrimoines africains, chargé de recherche au CNRS.
Yacouba Toure: un cas d’artification entre patrimoine et création (titre provisoire)

10h00-10h30
Yacouba Toure, artiste sculpteur – Burkina Faso.
Observer et travailler sur la scène chorégraphique burkinabé et sa remise en scène.
 
Etudes
10h30
Sarah Andrieu, Anthropologue, chercheure associée au CEMAf-Centre d’Études des Mondes africains.
"On ne peut pas créer sans rétroviseurs". Les valeurs de la création chorégraphique ouest-africaine.

11h00
Elina Djebari, CRAL EHESS - Paris
Création et patrimoine en tension. Le cas de la Biennale artistique et culturelle du Mali

11h30
Altaïr Depres, chercheure associée à l’URMIS, Université Paris Diderot/IRD
Africain mais pas trop. Les injonctions paradoxales de la création chorégraphique contemporaine africaine
Vespérales
Après-midi en partenariat avec la revue AFRIKADA

13h00-13h30
Maica Gugolati , Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales – Paris, Centres d'études africaines
Autour du film de Pascale Obolo "Déambulation Carnavalesque"  et des territoires " Caraïbes ".

"(...) La danse, qui est l’objet du langage visuel de la vidéo, est un pur « embodiment » (incorporation), d’une part individuel avec  sa propre singularité et d’autre part  reprend l’histoire des ancêtres. Elle est aussi une incorporation d’empathie kinesthésique et physique entre les participants des différents groupes. Plusieurs frames, qu’on peut voir dans les premières minutes de la vidéo, reflètent l’émotion corporelle produite parla musique ressentie à travers le mouvement dansant.
Avec ces deux mascarades, le corps  dansant vit un processus d’incorporation et de vécu de transgression,  contestation et rébellion historique dans la liberté du to Play (jouer) soi même. La fluidité (et le changement continu) des mouvements de danse pendant le carnaval où la danse  est urbaine, est paradoxalement un free-style codifié. Elle  amène par conséquence le changement formel du carnaval de Trinidad en chaque représentation (...).
 
- Déambulation carnavalesque : un film de Pascale Obolo, 8 minutes. Tourné en super 8, le film associe le spectateur aux danses et à l’errance des masquereders enduits  de peinture, qui dansent dans les rues de Port of Spain (Trinidad et Tobago) lors du « Jouvert ». Jouvert, jour d’ouverture du carnaval, exprime la liberté retrouvée des esclaves en 1838. Pleine de poésie picturale, l’oeuvre de Pascale Obolo est une fresque dansée dont les mouvements créent un pont entre l’Afrique et la diaspora caribéenne.
 
13H30-14H00
Nabou Diop, chorégraphe / Louisa Babari, revue Afrikadaa

Chorégraphe, danseuse et chanteuse sénégalaise, née en Côte d’Ivoire, figure singulière de la danse africaine contemporaine, Nabou Diop a vécu et travaillé en France et au Sénégal. Débutant sa carrière avec le ballet congolais Lemba, puis avec le mythique groupe Touré Kunda, se produisant sur les cinq continents, son oeuvre nourrie de chorégraphies traditionnelles de l'Afrique de l'Ouest, a permis à la danse africaine d’aborder diverses influences et de s’inscrire dans un langage formel contemporain.

Présentation du film de Louisa Babari Nabou Diop
Documentaire, 19 minutes, couleur, DV.Version originale: Français
Réalisation: Louisa Babari. Montage: Pascale Obolo
Musique: Ramiro Naka, Youssou N’Dour. Production & distribution: scenarioindustrie. France.
Année de production: 2009.
Festival International du Film Panafricain, Cannes, 2009
Portrait de l’artiste, le film revient sur le parcours de Nabou Diop et son rôle au sein du patrimoine dansé africain.
 
14h00-14h30
Pascale Obolo, cinéaste
Projet : Decolonize Architecture Now/ Occupy Schloss von Puttkammer 2013
Ce projet artistique élaboré par la cinéaste camerounaise Pascale Obolo et la plasticienne allemande  Caecilia Tripp est une plongée dans les enjeux de la mémoire coloniale germano-camerounaise. Les artistes proposent d’interroger les mémoires croisées de la colonisation telles qu’elles se sont construites en Allemagne et au Cameroun, tout en invitant à analyser les « politiques » et les « usages » de ces mémoires à travers un dialogue artistique avec les disciplines du cinéma, de la danse et la littérature. Schloss von Puttkamer est un château bavarois construit dans la ville de Buéa au pied du mont Cameroun, un volcan en activités, l’occupant comme un symbole du pouvoir, de surveillance et d’autofiction coloniale. Initiative de Jesko von Puttkamer qui décida de faire de Buéa la capitale du Cameroun à la place de Douala pour construire son Puttkamerschlßchen sur le Mont Cameroun : montagne de cette “promesse” d’un système de plantation coloniale.
 
14H30-15H00
Stanne Gold Djemba, danseuse et chorégraphe
Danseuse et chorégraphe américano - camerounaise, Stanne Gold Djemba enseigne à Paris; Remettant en question l'enseignement des danses africaines en Europe, elle crée une méthode d'enseignement thérapeutique de la danse, l'Original Afro Dance. Elle réfléchit à l'aspect thérapeutique de l'apprentissage des danses et sur le rapport corps / danse. Par la prise de conscience des différentes parties du corps et par la recherche d’un juste rapport à la pesanteur, elle permet d’acquérir : le lâcher prise, l’enracinement, la verticalité, la maîtrise du rythme et de l’espace, ainsi que la coordination des gestes. Pour parvenir à ces acquisitions, il est nécessaire, comme l’enseigne la tradition africaine initiatique, de mettre en éveil la sensorialité du corps (tactile, visuelle, auditive et kinesthésique) et de développer une présence d’esprit à ses sensations. Son travail est à l'origine d'une publication dont la sortie est prévue fin 2013.

15h00-15h30
- Conclusion de la journée sous forme d’une discussion générale avec tous les présents
 Nocturnales : 16h00, Pôt autour de l’exposition

Le groupe de travail « Danse, corps et patrimoine »

Altaïr Depres, chercheure associée à l’URMIS, Université Paris Diderot/IRD
Contact : altair_despres@yahoo.f
Thèmes de recherche : Mondialisation culturelle, sociologie et anthropologie de la danse, mobilités artistiques internationales, socialisation artistique.
Altaïr Despres a soutenu en 2012 une thèse de sociologie et anthropologie intitulée « Se faire contemporain. Les danseurs africains à l’épreuve de la mondialisation culturelle ». Elle est l’auteure de « L’Afrique appropriée. Visibilité et légitimation de l’Afrique dans le champ de la danse contemporaine », Hommes et migrations, n°1297, mai-juin 2012, p. 116-126 ; et « Des migrations exceptionnelles ? Les "voyages" des danseurs contemporains africains », Genèses. Sciences sociales et histoire, n°82, 2011/1, p. 120-139.
Sarah Andrieu, Anthropologue, chercheure associée au CEMAf-Centre d’Études des Mondes africains.
Thème de recherche : politiques culturelles, anthropologie de la danse, processus d’imagination des traditions, circulation des savoirs.
Contact :

Sarah Andrieu a soutenu un doctorat en anthropologie en décembre 2009 portant sur les politiques culturelles et le processus de spectacularisation des danses dites « traditionnelles » au Burkina Faso. Post-doctorante dans le cadre du projet ANR « GLOBAMUS-Création musicale, circulation et marché d’identités en contexte global », elle poursuit ses recherches sur les pratiques chorégraphiques burkinabè en s’attachant plus particulièrement à l’analyse des enjeux esthétiques, politiques et sociaux du mouvement de « danse contemporaine africaine ». Elle a notamment publié « La mise en spectacle de l’identité nationale. Une analyse des politiques culturelles au Burkina Faso », Journal des anthropologues, 2007, Hors série « Identités nationales d’État », p. 89-104 et « Artistes en mouvement. Style de vie de chorégraphe burkinabè », Cahiers d’Ethnomusicologie, vol. 25, 2012, p. 55-74.
 
Elina Djebari, CRAL, EHESS- Paris

Thème de recherche : Le Ballet National du Mali : enjeux politiques, sociologiques et esthétiques dans la construction et l’évolution d’un Etat-Nation ouest-africain .
Contact :

Elina Djebari est Membre du programme ANR-GLOBAMUS « Création, Circulation et marchés d’identités en contexte global ». Elle est l’auteure d’une thèse sur le Ballet natioanl du Mali et l’auteure de communication remarquées  portant sur la création artistique et les constructions patrimoniales ou identitaires en Afrique et dans ses diasporas et la revendication des traditions dans l’espace chorégraphique africain
Maica Gugolati, Centre d’études africaines, EHESS-Paris
Thème de recherche : anthropologie de la performance, genre visuel.
Contact :

Doctorante en première année en Anthropologie à l’EHESS –Paris,  Maica Gugolati est rattachée au Centre d'études africaines (CEAF). Après avoir reçu une formation en philosophie, avec un intérêt pour la « pensée de la différence féminine », elle a obtenu un Master 2 en anthropologie à l’EHESS. Avec un intérêt pour la photographie et le photoreportage ses recherches actuelles se concentrent sur le rôle de la femme dans deux formes performatives de Street Parade du carnaval de Trinidad & Tobago.

Benoit Hazard (Responsable du programme patrimoines africains, Fondation Maison des Sciences de l’Homme.
Courriel :

Benoit Hazard est Directeur du programme « patrimoines africains » de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme et chargé de recherche au CNRS. Impliqué dans les réflexions sur les rapports entre politique du patrimoine et recherche en Afrique, il anime un observatoire du patrimoine en Afrique initié à la suite des rencontres de Mombasa « Heritage, politics and memory ». Cet observatoire prend place au sein d’un consortium liant des Instituts Français de Recherche en Afrique, des unités de recherches et de programmes (Archéologie coloniale) et des chercheurs. Il s’agit comprendre les circulations de la notion de patrimoine en Afrique et la manière dont les sociétés africaines s’approprient et déclinent cette notion. Benoit Hazard a pris, par ailleurs, part aux travaux préfigurant l’élaboration d’un « livre blanc » sur le patrimoine en Afrique (Programme Pilote Régional « PAtrimoine, REssources et GOuvernance (PAREGO) »  de l’IRD. A travers le programme Patrimoines africains, il a financé le colloque « Archéologies coloniales » (22-23 mars 2011) et l’atelier patrimonialisations coloniales – Approches transervales (4e congrès du réseau Asie-Pacifique) au cours duquel il a développé un questionnement sur les frontières entre patrimoine naturel et culturel (Patrimoine naturel en Afrique de l’Ouest : de l’arboretum de l’IFAN au Parc naturel Bangr Weogo (Ouagadougou, Burkina Faso). Le Séminaire « Patrimonialisation de la biodiversité et gouvernance des ressources naturelles à la lumière du stress environnemental »  a constitué le temps fort du programme en 2011 en rassemblant des institutions de recherche (Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain, l’IFRA – Nairobi et des universités africaines (Kenyatta University, University of Nairobi etc.). Benoit Hazard est impliqué dans la réflexion patrimoniale en Afrique pour réfléchir aux modes de gestion et de conservation des ressources naturelles face aux nouveaux enjeux des changements globaux. Cette démarche interroge les limites du patrimoine et se penche en particulier, sur les impensées, ou les invisibles des politiques patrimoniales en Afrique, mais aussi sur les « sociétés patrimonialisées », c’est-à-dire sur les effets des processus de patrimonialisation sur la construction des territoires.

Manon Denoun
Assistante scientifique du programme :

Kahithe Kiiru, LESC- Nanterre, Paris Ouest
Thème de recherche : La scène chorégraphique Kenyane
Contact :

Mathilde Valencia, LESC- Nanterre, Paris Ouest
Thème de recherche : Le cirque en Guinée.
Contact :

Invités du groupe
Stanne Gold, danseuse et chorégraphe
D’origine américano - camerounaise, Stanne Gold Djemba,  remet en question l'enseignement des danses africaines en Europe et crée une méthode d'enseignement thérapeutique de la danse, l'Original Afro Dance qu’elle enseigne à Paris.

Pascale Obolo, cinéaste, rédactrice en chef de la revue d’Art contemporain africain AFRIKADAA
Pascale Obolo est née à Yaoundé, Cameroun en 1967. Elle étudie au Conservatoire Libre du cinéma Français en  section réalisation, puis obtient sa Maîtrise de Cinéma à l’Université de Paris VIII, section cinéma expérimental. Ses premiers films  documentent le début du mouvement Hip Hop et la scène parisienne du graffiti. Cinéaste, féministe, elle  porte son regard sur le mouvement Hip Hop féminin en banlieue, ainsi   que sur la place de la femme noire dans les milieux   artistiques. Elle réalise dès 1995 reportages et  documentaires pour la CRTV (Télévision Nationale Camerounaise) avant de débuter en 2000 une collaboration remarquée avec Virgin Music France pour  qui elle signe plusieurs portraits d’artistes et de musiciens. Intéressée par les musiques du monde, Pascale Obolo s'est spécialisée  dans le documentaire musical. Attirée par l'héritage culturel de l’île de Trinidad à travers son carnaval et sa musique, c'est au fil de ses visites dans cette région de la Caraibe qu'est né un documentaire de création : Calypso Rose (Prix du documentaire FESPACO 2013) qui rend hommage aux dernières grandes stars du Calypso. Pascale Obolo a collaboré, avec des artistes issus du graffiti comme Jayone, Shuck One, la force Alphabetik, Mac, avec la galerie Jean Marc Patras, le cinéaste camerounais J.P Bekolo et l’artiste américaine Ayanna Jackson sur le projet photographique Leapfrog. Elle est à l’origine de Diasparis: laboratoire intellectuel et artistique parisien qui a pour vocation de créer une dynamique permettant une meilleure visibilité des travaux des artistes africains et de la diaspora à travers diverses manifestations culturelles. Elle est coordinatrice pour les Arts plastiques du festival “Afrique dans tous les Sens” et consultante spécialisée en esthétique et développement économique du cinéma africain.

Louisa Babari, plasticienne, responsable de projets pour la revue d’Art contemporain africain AFRIKADAA
Née à Moscou d’une mère journaliste russe et d’un père musicien algérien, Louisa Babari grandit à Alger et Moscou dans les années soixante - dix. Installée à Paris, ses études à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et un cycle d'Etudes Contemporaines, Russe et Cinéma, aux Langues'O  achevés, elle travaille à l’unité Fiction d’ARTE sous la direction de Pierre Chevalier et collabore à l’unité Documentaire de CANAL+. Elle se consacre par la suite à la réalisation et à la production de films. Naît debut, une plateforme de création « Musique et cinéma » où se rencontrent et collaborent Luc Wouters, Adan Jodorowsky, Melvil Poupaud, FFF et de nombreux artistes étrangers. Les œuvres audiovisuelles sont diffusées sur le réseau hertzien international, au sein de festivals européens et par le Centre Georges Pompidou. Son travail d’artiste l’amène à réfléchir sur la relation entre l’artiste, le jeune public et l’Institution et à collaborer avec des fondations d’art contemporain sur le rôle de l’artiste, de son oeuvre dans l’accueil des publics. En 2009, elle s’associe avec Eglantine Planchon afin de développer le rôle de l’éducation à l’art dans la formation des enfants. Elle développe avec elle une série de livres documentaires numériques destinés au jeune public sur le thème de l’art et des régions, et collabore au développement d’Afrikadaa, première revue francophone interactive dédiée à l’art contemporain africain et ses diasporas. Elle réalise actuellement un projet de livre sur son travail de collages avec la maison d’édition espagnole « Cabeza de Chorlito » et collabore avec le plasticien Jay One Ramier à la création d’une œuvre sonore sur le thème des mondes de l’esclavage pour le film « Déambulation carnavalesque » de la cinéaste Pascale Obolo (Diffusion Musée du quai Branly)

Nabou Diop, Chorégraphe, danseuse et chanteuse sénégalaise.

Née en Côte d’Ivoire, figure singulière de la danse africaine contemporaine, Nabou Diop a vécu et travaillé en France et au Sénégal. Débutant sa carrière avec le ballet congolais Lemba, puis avec le mythique groupe Touré Kunda, se produisant sur les cinq continents, son oeuvre nourrie de chorégraphies traditionnelles de l'Afrique de l'Ouest, a permis à la danse africaine d’aborder diverses influences et de s’inscrire dans un langage formel contemporain.

Atelier en collaboration avec la revue AFRIKADAA

Afrikadaa est une publication d’art contemporain en ligne, trimestrielle et bilingue. Audience: 12 000 followers composés de professionnels, institutions, écoles d’art et d'acteurs du marché international. Quatre parutions: « Birth » mars 2012, « Black Renaissance » juin 2012,  « Visibility » novembre 2012, « I - dentity », février 2013 et " Afrofuturism " en juin 2013. Crée par un collectif d’artistes, AFRIKADAA est la seule revue francophone interactive consacrée à l’art contemporain, à l’architecture et au design du continent africain et de ses diasporas. Chaque numéro est porté par un thème, sur lequel travaillent plasticiens, écrivains, journalistes et universitaires issus de la francophonie ou de l'Afrique et des diasporas anglophones. La revue est une plate-forme de réflexion, qui apporte une autre perspective à la scène artistique contemporaine en valorisant l’histoire et les trajectoires des communautés d'artistes au-delà des frontières du marché. Sa mission est d'instaurer un dialogue entre ces communautés et de créer des passerelles d'échanges entre les territoires. Exposition de sculptures en bronze de Yacouba Touré dans l'atrium du France du 10 au 14 juin.


Détails

Localisation : Salle du Centre d'études africaines | EHESS, 96 boulevard Raspail, 75006 Paris
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