17 mai 2013

Genre, démocratie, féminisme. Expériences italiennes

Troisième séance du séminaire "Genre, politique, sexualité(s). Orient/Occident"

Avec Alisa Del Re, Professeure de Science politique à l'Université de Padoue, Directrice du CIRSPG (Centre interdépartemental de recherche sur les politiques de genre).

Dans l’Italie confrontée à la crise de 2013, une femme sur deux ne dispose pas d’un travail rémunéré et trop de femmes ne peuvent compter que sur des emplois (et des salaires) précaires, alors que les soins aux enfants et aux personnes âgées reposent pour l’essentiel sur leurs épaules et qu’une femme sur cinq abandonne son travail à la naissance du premier enfant, faute de services sociaux. Même si elles ont rapidement comblé leur retard par rapport aux hommes en matière d’éducation et de formation, les  femmes ne bénéficient pas de leur implication dans le monde du travail, de la politique et de la vie active.  Il s’avère donc urgent de procéder à de vastes réformes et d’opérer des changements en profondeur. Face aux incertitudes de la situation actuelle, deux questions se posent : la législature à venir, ô combien fragile, pourra-t-elle impulser de tels changements ? Les élues, en nombre plus important que par le passé, seront-elles à même de s’attaquer aux discriminations qui touchent les femmes dans ce pays ?

Par-delà les diverses coalitions et alliances éventuelles, le Parlement issu des élections des 24-25 février 2013 représente un défi en termes de génération, dans un pays tel que l’Italie dont la classe dirigeante est la plus âgée d’Europe (59 ans en moyenne), mais aussi un défi pour le machisme qui prévaut dans les centres de décision politique. Cette situation n’est pas le fruit du hasard, même si le processus enclenché est tout, sauf linéaire, et recèle nombre d’ambiguïtés. Le paysage politique du féminisme italien connaît des changements importants depuis quelques années, en particulier dans le rapport aux institutions. La volonté initiale de non-implication des années 70 a fini par faire place à une phase de dialogue, ainsi qu'en atteste l’adoption d’un ‘Accord d’action commune pour la démocratie paritaire’. Ceci étant, les associations, réseaux et mouvements qui soutiennent cet accord sont confrontés à de fortes incertitudes puisque le féminisme radical issu des luttes des années soixante et soixante-dix n’est pas disposé à soutenir cette politique.

Alisa Del Re est professeure de science politique à l’Université de Padoue. Ses principaux centres d'intérêt en matière de recherche concernent la citoyenneté sociale, les politiques familiales, les transformations socio-économiques et démographiques, la citoyenneté politique des femmes et les rapports entre genre et politique locale. Depuis 2008 elle dirige le Centre interdépartemental de recherche : Etudes sur les politiques de Genre (CIRSPG). Elle fait partie du comité de rédaction de Cahiers du genre et du comité scientifique de la revue internationale on line AG-About gender.

Parmi ses publications les plus récentes, son article “Femmes et partis politiques en Italie et en Europe: la démocratie au masculin” in Marques-Pereira B., Pfefferkon R. Genre, politiques sociales et citoyenneté, Cahiers du Genre, Hors Série 2011, Paris, l’Harmattan, pp. 91-115.


Détails

Lieu : Le France
Localisation : salle 1
Ajouter à mon agenda

Partager
Séminaire

Voir aussi