15 mai 2013

Le ton de la musique au coeur d’une forme de vie : réflexions sur un héritage viennois

Séminaire “Langage et vie” Université de Paris 8-St Denis/MSH Paris Nord/FMSH.

Avec Julien Labia, (post-doctorant de l'Université Paris III, membre du Centre Viktor Basch), coord. du groupe de traduction de Musikaesthtik de Carl Dahlaus.

"Je souhaiterais poursuivre les réflexions et les échanges amorcés dans le cadre du séminaire de l’année précédente. On a pu encore insister de date récente (voir par exemple Paolo d’Angelo, Estetica, Laterza, 2011) sur la manière dont le lien entre éthique et esthétique se tisse parfois subtilement dans les replis de nos jugements de valeur. Je souhaiterais explorer cette piste de façon critique en insistant sur l’importance de la manière dont nous exprimons ces jugements : non sur le seul assentiment, mais sur la manière même dont il est proféré. Je propose dans cette optique d’insister sur les relations entre la musique et l’éthique, laissées de côté l’année dernière, en prenant pour point de départ la musicographie critique d’Eduard Hanslick (que j’édite et traduis en ce moment). Je voudrais insister en particulier sur la manière dont une certaine attitude à l’égard de la musique devient un paradigme des relations en société dans l’empire austro-hongrois au temps de Hanslick. La « forme de vie » n’y est plus alors tant un ensemble de règles sociales (selon la lecture de Wittgenstein qu’on peut attribuer à Kripke) qu’une manière de contenir excès et soubresauts politiques au moyen du langage. La musicographie doit alors être irréprochable selon Hanslick, en tant qu’elle assume par son style le rôle d’un modèle pour le ton de la conversation. L’ambition de ce propos est d’ouvrir vers ces deux questions :

  1. Quelles relations entretiennent ce ton et ses enjeux moraux avec la science de la musique (Musikwissenschaft) en plein essor ?
  2. De quelle manière ce ton employé pour qualifier la musique s’origine-t-il dans la musique elle-même ?

L’itinéraire que nous suivrons sera, pour le résumer en un mot, celui d’une quête de
l’exemplaire, impliquant la mise au clair de cet ensemble de questions : Comment peut-on rattacher une certaine attitude à la musique ? Cela se fait-il au travers des propriétés de l’oeuvre, en tant qu’elle traduirait une certaine attitude du compositeur ? Cette attitude « exemplaire » tiendrait-elle ainsi, comme une chaîne, un ensemble de comportements ? Agirait-elle en se manifestant comme telle, ou plus subtilement ?"

Université de Paris 8-St Denis/MSH Paris Nord/FMSH


Détails

Lieu : Le France
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