22 avril 2013

"Traverser le gué" pour aller où ? le système économique chinois: sa nature, son efficacité, son originalité, sa durabilité

Séminaire BRICs FMSH/EHESS

en présence de Marie-Claire Bergère, professeur honoraire des Universités à l'INALCO,

autour de la parution de son dernier livre Chine, le nouveau capitalisme d'Etat.

Le séminaire s'articule autour de la parution de son dernier ouvrage Chine, le nouveau capitalisme d'Etat (Paris, Fayard, 2013), le 18e Congrès du Parti communiste chinois d’octobre 2012 et la réunion de l’Assemblée nationale populaire (mars 2013) qui a officialisé ses décisions ont bien fait ressortir l’importance des problèmes économiques dans Chine d’aujourd’hui. Ces problèmes ont été au cœur de tous les débats : ils représentaient un enjeu essentiel  dans le processus de succession et de sélection d’une nouvelle équipe dirigeante, ils demeurent un enjeu essentiel pour le régime, l’avenir du pays et pour le reste du monde. La vision longtemps dominante d’une Chine convertie au capitalisme et marchant vers la démocratie ne cesse d’être contredite par les faits. La crise de 2008 a mis en lumière le rôle croissant du secteur public que l’on croyait condamné, et les obstacles rencontrés par un capitalisme qui paraissait prêt à triompher. 

Cette remise en question appelle à s’interroger sur la nature des réformes conduites  de façon autoritaire par un régime demeuré communiste dont l’objectif est d’utiliser au mieux les ressources du marché pour développer la richesse de la Chine, renforcer sa puissance et préserver le monopole politique du parti. La stratégie mise en œuvre repose sur le rôle primordial accordé à un secteur public rénové et sur le dynamisme soigneusement circonscrit du secteur privé. La clé de voûte de ce système demeure le parti unique qui tire sa légitimité non plus de l’idéologie, mais de la croissance.

Les succès remportés par ce nouveau capitalisme d’État sont incontestables : en font-ils pour autant un modèle original ? transposable ? et durable ? Bien des scénarios sont imaginables : panne de croissance catastrophique, improbable révolution sociale ou plus vraisemblablement maintien d’un statu quo flexible.

Axes de réflexion :

  • Difficulté de conceptualiser le système économique chinois actuel, né d’une réforme pragmatique.  (Retour sur « la grande méprise », i.e. l’interprétation du développement chinois en termes d’évolution vers le capitalisme. L’identification comme  capitalisme d’État est-elle recevable ? Faut-il se contenter d’évoquer un système d’économie mixte, ou hybride ?
  • Efficacité du système qui en dehors de toute référence idéologique ou théorique a suffi à le légitimer aux yeux d’une grande partie de la population et à le faire apprécier des partenaires étrangers de la Chine.
  • Problème d’originalité du système  (le « modèle chinois »). La coexistence d’un régime autoritaire avec une économie de marché plus ou moins développée est une configuration assez banale, illustrée par de nombreux précédents historiques. Pourquoi le  « modèle chinois » a-t-il souvent été considéré comme original ? L’est-il véritablement ?
  • Le problème de l’originalité du modèle est étroitement lié à celui de sa durabilité. Le type de croissance mis en place par le système donne de nombreux signes de péremption. Le système peut-il générer un nouveau type de développement ? À quels obstacles devraient se heurter les réformes accompagnant un tel changement ?Le pouvoir du PCC survivrait-il au ralentissement de la croissance qui inévitablement accompagnerait ce changement ?Les réponses à ces questions demeurent très incertaines et de multiples scénarios sont envisageables (panne de croissance, révolution sociale, maintien d’un statu quo amendé par des adaptations limitées).
  • Le problème de l’originalité du modèle est étroitement lié à celui de sa durabilité. Le type de croissance mis en place par le système donne de nombreux signes de péremption. Le système peut-il générer un nouveau type de développement ? À quels obstacles devraient se heurter les réformes accompagnant un tel changement ?Le pouvoir du PCC survivrait-il au ralentissement de la croissance qui inévitablement accompagnerait ce changement ?Les réponses à ces questions demeurent très incertaines et de multiples scénarios sont envisageables (panne de croissance, révolution sociale, maintien d’un statu quo amendé par des adaptations limitées).


Détails

Lieu : Le France
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Séminaire