du 11 au 12 avril 2013

Laïcité, laïcités, reconfigurations et nouveaux défis (Afrique, Amériques, Europe, Japon, Pays arabes)

Ces dernières années, des événements d’importance se sont produits qui confirment la place centrale de la laïcité dans le débat social et politique de nombreux pays relevant d’aires culturelles diverses. Au plan social, on a repris, à nouveaux frais, la réflexion autour de la place du religieux dans l’espace public. Le débat s’est développé en Europe sur l’assise, principalement, d’une interrogation portant sur la question de la « visibilité de l’islam », elle-même souvent liée à la question de « l’identité nationale ». Au Canada, à la faveur du débat engagé lors de la réflexion de la commission Bouchard-Taylor, on a repris la question des « accommodements raisonnables ». ces problèmes touchent ailleurs, aux Etats-Unis mais aussi en Amérique latine, la question du rapport entre la loi positive et la norme morale que des groupes religieux entendent promouvoir. Les « printemps arabes » nous ont confrontés, de même, à l’affrontement de visions du monde très différentes sur la question du rapport de la foi musulmane et du droit de l’Etat. Au plan juridique, des événements nouveaux sont également intervenus. Le droit, un peu partout,  a établi de nouvelles dispositions. Certaines, en France notamment (avec le hidjab ou le nicab) ou en Italie (affaire Lautzi), concernent les signes religieux. D’autres, en Amérique du Sud ou en Europe, le corps, le genre, la sexualité, la vie. Des pays arabes, soustraits aux dictatures néo-patrimoniales, sont engagés aujourd’hui dans une vaste ingénierie constitutionnelle, qui conduit certains constituants à poser la question du fondement islamique de la norme législative, et à tenter d’articuler le principe de la religion plus ou moins officielle ou dominante et celui de liberté de conscience, et d’autres à rechercher des voies fort différentes.

Ce colloque vise, en s’appuyant sur une série de recherches nouvelles en la matière, à établir un bilan approfondi sur la situation récente. Il s’assigne, en s’arrêtant sur un corpus large de différentes situations nationales (pays européens, arabes, américains et Japon), trois objectifs principaux. D’abord, reprendre la question des cadres d’intelligence de la laïcité. Comment se construisent les « imaginaires » de la laïcité ? Quelles sont les facteurs qui pèsent sur leur définition ? On rappellera ici que l’articulation du pouvoir politique et de la liberté de conscience ne fait pas, aujourd’hui, l’objet d’un traitement homogène de la part des différents pays, ni au sein même de chaque pays, de la part des différentes fractions de l’opinion publique. Ensuite, reprendre la question des types de règlementation du religieux et, plus précisément, le problème de la laïcisation du droit. Comment s’opère, à présent, la réarticulation du rapport entre le droit positif et la norme religieuse ? Le mouvement n’est probablement pas univoque. Il articule, selon des configurations différentes en fonction des divers pays, à la fois des éléments de reconnaissance du religieux et de résistance à son caractère englobant. Enfin, reprendre la question des modes de gouvernance du religieux.  Au cours de ces dernières années on a assisté, dans de nombreux pays, à une évolution de la gestion du religieux. Il s’agira ici de revenir sur les types nationaux d’élaboration des politiques religieuses, en montrant comment ils sont retravaillés, actuellement, à la fois, par les dynamiques, sociales et culturelles, des sociétés internes et par les influences de la société internationale, du processus de globalisation.

Co-organisé par :
Le Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (CNRS-EPHE)
La Fondation Maison des Sciences de l’Homme
Le Centre d’Etudes Ethniques des Universités Montréalaises Avec le soutien de :
La Ligue de l’Enseignement
La Commission Islam et Laïcité
DébioPHARM Group (Lausanne)

Comité Scientifique ;
Jean Baubérot (GSRL)
Sonia Dayan-Herzbrun (Paris VII)
Jean-Pierre Dozon (FMSH)
Micheline Milot (CEETUM)
Philippe Portier (GSRL)

Programme

Jeudi 11 avril

Matin
8h45 : Accueil café
9h15-10h30: Introduction: J. Baubérot (GSRL, EPHE) – M. Milot (CEETUM-UQAM)
10h45-12h45: Panel I: Héritage et Actualité : Témoignages d’acteurs :
P. Tournemire (Ligue française de l’Enseignement)
P. Galand (Centre d’Action Laïque belge)
Discutant : J.-P. Martin (GSRL, Université de Lille III)

Après-midi
14h-16h30 : Panel II : Processus de globalisation, religions, laïcité
R. Liogier (CHERPA, Observatoire du religieux, Sciences-Po Aix-en-Provence)
M. Wieviorka (FMSH, EHESS)
J.P Willaime (GSRL, EPHE)
V. Zuber (GSRL-EPHE)

17h-19h : Panel III : Liberté de conscience et non-discrimination :
L. Benhadjoudja (CEETUM, UQAM)
K. Daté (Université de Sophia, Tokyo)
S. Dayan (Université de Paris VII)

Vendredi 12 avril

Matin
9h : Accueil café
9h-30-12h30 : Panel IV : Stratégie des forces religieuses dans la sphère publique :
M. Chaoul (Institut de Sciences sociales, Université libanaise, Beyrouth)
J.-P. Dozon (FMSH, EHESS)
F. Mallimaci (Université de Buenos-Aires)
P. Michel (Centre Maurice Halbwachs, CNRS)
A. Saris (CEETUM, UQAM)

Après-midi
14h-16h30 : Panel V : Production de normes et nouvelles frontières :
R. Blancarte (Colegio de Mexico)
M. Delmas-Marty (Collège de France)
J.-P. Ducomte (Institut Politique de Toulouse)
L. Labidi (Middle East Institute, Université de Singapour)

16h45-17h30 : Conclusion : Ph. Portier (GSRL, EPHE)
17h30 : Verre de l’amitié.


Détails

Localisation : Site Pouchet du CNRS, 59-61 rue Pouchet, 75017 Paris
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Colloque