26 mars 2013

« Père-fille » : quelle domination ?

Séance du séminaire "Anthropologie, psychanalyse et politique, regards sur les terrains"

par Elizabeth Kaluaratchige

Psychanalyste, Psychologue clinicienne, Maître de Conférences, Chercheuse, Equipe « Corps, pratiques sociales et anthropologie psychanalytique », CRPMS, Université Paris 7.

Cette intervention sera l’occasion de revenir vers l’anthropologie psychanalytique qui ouvre la question de l’hypothèse de l’inconscient dans le fait culturel.

Il s’agit de traiter de la domination, par le biais de la pulsion d’emprise en jeu dans des situations ambiguës, conflictuelles et désastreuses entre la « fille et le père ». Le père réel placé dans un avoir le pouvoir et être capable d’agir sur la fille questionne par extension la domination dite « masculine » sur la femme.

Nous proposerons ainsi d’examiner le statut des femmes et l’actualité de la condition féminine à la lueur de l’Œdipe au féminin, à commencer par la fille-femme « donnée » en mariage mais aussi celle qui se « consacre » aux idéaux de la modernité. La décision de la vie sexuelle de la fille,- avec ou/et sans l’homme-, avec ou/et sans enfants-, se situe-t-elle entre sa demande d’amour auprès du père et le déploiement de la pulsion d’emprise du père conjugué avec celui de la fille ? Interrogeons ici ses modalités culturelles. Qui et comment se réalise le désir de pouvoir, de possession, de mainmise et la jouissance d’un au-delà de l’Eros : l’empiètement, l’agression, la toute-puissance et la destruction ? Entre le fameux Mutterbindung (attachement fort à la mère) et la « conversion au père », peut-on voir les raisons profondes des griefs, reproches, doléances, défis et engagements des femmes ?

Les symptômes plus fréquents chez les femmes parlent-ils du féminin qui fait objection aux normes dans un « royaume » marqué par l’idéal que la psychanalyse qualifie d’ordre paternel ? Sont-ils des brèches ouvertes faisant sortir cette partie du féminin qui n’entre pas dans le fait collectif ? Peut-on ainsi formuler son interrogation « Que veut l’Autre de moi (femme) ? Il nous faut par là-même mettre en exergue l’anthropologie freudienne de Totem et tabou avec l’actualité de la question féminine.

Observe-t-on le retour vers la figure du père originaire « redoutable », la régression vers la pente destructive de la pulsion d’emprise, dans la politique et dans la question des droits des femmes ? Que peut-on dire du phallus, le signifiant du pouvoir dans la modernité ? Qui a le phallus ? Où se trouve le père réel dans la domination « moderniste » ? C’est en ce point que s’interroge le père imaginaire du temps moderne et son pouvoir qui pourrait faire barrage à l’agent du symbolique.

 


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Lieu : La Maison Suger
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