19 décembre 2012

Objets et langages d’exil : “D’une langue à l’autre”

Rencontre Non-lieux de l'exil avec Nurith Aviv autour de son film “D’une langue à l’autre”. 

Parfois je me réveille avec l’angoisse que l’hébreu appris avec tant de peine s’évanouisse disparaisse.” (Aharon Appelfeld)
“Du moment où j’ai voulu pénétrer l’hébreu et écrire, j’ai dû assassiner la langue russe, l’éliminer.” Meir Wieseltier
“Je parle de mon hébraïté et mon arabité comme de deux essences que relie un point aveugle.” Haviva Pedaya
L’hébreu qui, pendant des siècles, fut une langue sacrée, langue d’écriture et de prière, est désormais une langue du quotidien en Israël. Mais si cet hébreu a pu s’imposer en quelques décennies cela n’a pas toujours été sans violence envers les langues parlées avant.
Neuf personnes – poètes, chanteurs, écrivains – évoquent la relation entre l’hébreu et l’autre langue, la langue de leur enfance, dont la musique résonne encore, même quand on ne la parle plus.

Intervenante

Nurith Aviv, première chef-opérateur en France, a fait l’image d’une centaine de films de fiction et documentaires (entre autres Agnès Varda, Amos Gitaï, René Allio, Jacques Doillon..). Elle a réalisé près de 10 documentaires, parmi lesquels : Traduire (2011), Langue sacrée, langue parlée (2008, documentaire 73′, France-Israel), L’alphabet de Bruly Bouabré (2004 documentaire 17′, France-Allemagne), Misafa Lesafa ( D’une langue à l’autre ) (2004, documentaire 55′, France- Israel -Allemagne- Belgique), Vaters Land (2002,documentaire 30′, Allemagne-France), Allenby, passage (2001, documentaire 5′, Israël), Circoncision (2000, documentaire 52′, France), Makom, Avoda (1997, documentaire 81′, France-Israël-Allemagne), La tribu européenne (1992, documentaire 75′, France), Kafr Qara, Israël (1989, documentaire 66′, France-Allemagne). Plusieurs de ses documentaires ont été primés. Elle a fait l’objet d’une rétrospective au Jeu de Paume en 2008, et été honorée du prix Edouard Glissant en 2009.

http://nurithaviv.free.fr/ 

Résumé de la rencontre

Cette séance est consacrée à l’œuvre de Nurith Aviv et plus précisément à son film “D’une langue à l’autre”, projeté lors de la rencontre, en sa présence. Le film “D’une langue à l’autre” est le premier volet d’une trilogie avec “Langue sacrée, langue parlée” et “Traduire”, qui est un film-Babel où des traducteurs de différents pays, s’exprimant chacun dans sa langue, parlent de leur expérience de passeurs de la littérature hébraïque écrite à travers les siècles : le Midrash, la poésie hébraïque médiévale, la littérature moderne et contemporaine. Les traducteurs parlent avec passion de la confrontation avec une langue qui les amène parfois à transgresser les règles de leur propre langue. Pour Édouard Glissant, « chaque traduction aujourd’hui accompagne le réseau de toutes les traductions possibles, de toute langue en toute langue ».

Discutants

Léda Mansour, chercheuse en Sciences du langage (laboratoire MoDyCo & Paris Ouest Nanterre), spécialisée en linguistique du texte et en analyse du discours. Elle a proposé une méthode d’analyse du texte de La Trilogie du Caire de Naguib Mahfouz en interrogeant la théorie de la linguistique textuelle, la littérature comparée, la traductologie, et plus largement en jetant un regard critique sur les cultural studies, précisément les paradigmes orientalistes et postcolonialistes. Actuellement, ses recherches s’inscrivent dans l’analyse du discours numérique où elle explore des corpus des sites de la e-diaspora palestinienne et des interactions sur Facebook autour des questions de mémoire. Elle s’intéresse d’un côté aux liens entre langage, web et représentations socio-politiques, et d’un autre côté à la description linguistique des genres des écrits numériques (Blog, Wiki, Pages perso, Forums et Facebook). 

https://sites.google.com/site/ledamansour/

Eloi Recoing, metteur en scène et traducteur, maître de conférences à l’université de La Sorbonne Nouvelle Paris 3. Il a vingt ans lorsqu’Antoine Vitez met en scène sa première pièce : La ballade de Mister Punch (1975). Il en deviendra l’assistant pendant 6 ans au Théâtre National de Chaillot, puis à la Comédie Française. Il fonde La Compagnie du Passeur et signe ses premières mises en scène, parmi lesquelles : La conjecture de Babe l d’Eloi Recoing (Théâtre Gérard Philipe de St Denis 1987), Partage de Midi de Paul Claudel (1991), Essai sur l’innommable d’après Heiner Müller (Théâtre du Rond-Point 1993), Le constructeur Solness d’Henrik Ibsen (Théâtre de la Commune Pandora, 1994), Théâtre/Roman de Louis Aragon (1997) Scène Nationale du Parvis à Tarbes, Penthésilée de Heinrich von Kleist (ESNAM, mars 1998), L’amour, champ de bataille d’après l’oeuvre de Heiner Müller (Festival d’Avignon, 2000), Ellen Foster d’après l’oeuvre de Kaye Gibbons (Festival « Frictions », Dijon 2002), Kaddish d’Alan Ginsberg (création à la Maison de la Poésie à Paris, 2005). Vitez en effigie (festival d’Avignon, 2008), Un instant suicidaire d’Eloi Recoing (Théâtre aux Mains Nues, 2008). Eloi Recoing mène parallèlement à son travail de dramaturge et de metteur en scène une activité de traducteur dans les domaines allemand et scandinave (Brecht, Kleist, Wedekind, Ibsen). 

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