21 novembre 2012

Pour introduire à « langage et vie » (2) : du motif de la vie à la vie du motif

Présentation

Le sujet de cette année pourrait tenir en ce renversement :  de la vie des formes (expression que l’on trouve frappée par exemple par Henri Focillon dans son ouvrage de 1943) aux « formes de vie » (Wittgenstein). Nous suivrons les méandres de ce renversement qui, propre au « motif », fait de l’espèce de vie qu’il configure, l’objet même d’une saisie formelle où contenu et forme ne se distinguent plus, ainsi dans le « formalisme musical » de Eduard Hanslick. Notre ligne de  réflexion suit en somme  cette remarque formulée à propos des écrits de Boris de  Schloezer sur la musique, selon laquelle il s’agit moins d’exprimer un vécu, que de vivre au sens d’exprimer des signes. L’approche implique une critique du « mécanisme » en philosophie du langage. « Grammatik ist nicht Mechanismus » a écrit Wittgenstein vers 1933, tandis que, de son côté, l’épistémologue français  Gilles Granger qui l’a lu, déclare que la philosophie « n’est pas une musique à programme ».

Description du séminaire

« Pour introduire à « langage et vie » (2) : du motif de la vie à la vie du motif » Notre propos est le rapport entre l’expression des signes et la « vie ». A quelle  sorte de « vie » correspond le fait d’articuler des signes pour communiquer dans l’espace de la cité, avec autrui, mais aussi pour construire des formes relevant de l’art, par exemple la musique ? Boris de Schloezer voit dans l’expression des signes par la musique, une activité de vie différente de l’expression du vécu, et même opposable à celle-­‐ci. Dans la perspective qui est la nôtre de contribuer à cerner ce qu’il convient de comprendre par « formes de vie » dans le champ du langage chez le second Wittgenstein, nous commencerons par examiner quelques étapes antérieures relatives à la filiation de l’idée de « vie du langage » comme « energeia » (plutôt que comme « ergon » ou système de signes), notamment en partant de certaines considérations chez Humboldt, qui furent si importantes pour Cassirer (mais dont Wittgenstein n’a pas forcément eu connaissance). De telles considérations apparues chez le linguiste allemand sont également repérables à travers d’autres approches, ainsi chez Saussure, comme le
montre également Arild Utaker. Face au problème que pose au lecteur de Kant, que fut aussi Humboldt, la médiation entre Forme et matière, nous espérons poser des jalons en vue d’une possible dialectique opératoire entre les deux entités réputées depuis Aristote incommunicables si on les pense séparément (ici la Forme, et là, la matière privée d’eidos).


Détails

Lieu : Le France
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