20 mars 2012

Japon : L'après-désastre

Deux tables rondes organisées par le programme Japon de la FMSH, avec Michaël Ferrier, Kolin Kobayashi, Nanako Inaba, Tsutomu Iyori, Shin Omae, Murielle Hladik. 

Un an après la triple catastrophe du nord-est du Japon (tsunami, séisme magnitude 9, accident nucléaire à Fukushima) où plus de 20.000 personnes ont trouvé la mort, comment évaluer les lourdes conséquences, visibles et invisibles, et faire face aux nombreux problèmes matériels, sociaux, humains, encore irrésolus ? Associant données objectives et réflexions pour le long terme, plusieurs spécialistes nous apportent un éclairage sur ces questions cruciales et les nouveaux enjeux de l'environnement.

 

10h-13h : Table Ronde 1 | Vivre à Fukushima

Fukushima, récit d'un désastre

Michaël Ferrier, professeur-écrivain (Université de Chuo) Un an après Fukushima, la lutte contre la contamination radioactive
Kolin Kobayashi, journaliste indépendant Voir les mouvements des « Sans » pour comprendre la situation sociale après l'accident nucléaire
Nanako Inaba, sociologue (Université de Ibaraki)

14h-17h : Table Ronde 2 | Après la catastrophe, la reconstruction ?

Comment les Japonais ont envisagé la reconstruction après les grandes catastrophes, depuis 1923. Comment l’envisager depuis 2011 ? 

Tsutomu Iyori, architecte-urbaniste (Université de Kyoto) Tôhoku : un état des lieux
Shin Omae, sociologue (Université de Ryukoku) Recoudre le tissu urbain, renouer le lien social
Murielle Hladik, philosophe-architecte (Université de Paris 8)

Résumés

Voir les mouvements des « Sans » pour comprendre la situation sociale après l'accident nucléaire, Nanako Inaba, sociologue (Université de Ibaraki)

Après la catastrophe de Fukushima, les mouvements sociaux de la pauvreté et de l'exclusion sociale, dits mouvements des “Sans” (syndicat des travailleurs journaliers de Tokyo et syndicat des jeunes précaires) ont manifesté leur solidarité avec les habitants des zones contaminées et les travailleurs des centrales nucéaires de Fukushima. Leur logique se différencie des mouvements anti-nucléaires de Tokyo qui s’appuient sur le sentiment d’insécurité et la peur d’une extension de la contamination radioactive vers la capitale. Les revendications des mouvements des “Sans” peuvent aider à voir comment construire une société dans la radioactivité permanente.

Un an après Fukushima, la lutte contre la contamination radioactive, Kolin Kobayashi, journaliste indépendant

Après un bilan général de l'accident nucléaire, et un regard sur l’histoire du nucléaire au Japon (depuis Hiroshima et Nagasaki), seront abordées les questions de la position du gouvernement et de la réalité vécue au quotidien par la population de Fukushima. Comment se protéger contre la radioactivité ? Comment vivre avec ? A Fukushima comme à Tchernobyl, l ’enjeu majeur est aujourd’hui de vivre avec la radioactivité, et de reconnaître la contamination à faibles doses. 

Comment les Japonais ont envisagé la reconstruction après les grandes catastrophes, depuis 1923. Comment l’envisager depuis 2011 ? Tsutomu Iyori, architecte-urbaniste (Université de Kyoto) 

Depuis le grand tremblement de terre du Kantô en 1923, le Japon a connu plusieurs destructions matérielles et sociales de villes et de régions. Mais des formes d’urbanisme identiques ont été adoptées pour la reconstruction, avec un même contrôle administratif du Gouvernement central. La reconstruction et la réhabilitation sociale de villes et de régions aussi vastes et diverses pourrait-elle se faire par la même méthode ?

Tôhoku : un état des lieuxShin Omae

The earthquake of 3.11.2011 caused an enormous damage to the Tohoku (northeastern region of Japan). The damage (houses and buildings, infrastructure: roads, floodwalls etc.) is estimated to 20 thousand billion (20,000,000,000,000) yen or 200 billion euro by the authorities. How to finance the recovery cost is very critical issue for the future of Japanese economy. I will discuss about two major arguments upon how to finance it. One is tax raise and the other is government bond to be directly taken up by the Bank of Japan referring the historical experience of Kanto earthquake of 1923.  Also, I will talk about how differently the people in the devastated area behaved in both occasions.

Recoudre le tissu urbain, renouer le lien social, Murielle Hladik, philosophe-architecte (Université de Paris 8)

Après la phase de l’intervention d’urgence, va venir la phase post-catastrophe de la reconstruction. Se pose alors, sur ces terrains par nature précaires, la question de la sécurité. Les architectes, sociologues et urbanistes se sont penchés sur les enjeux architecturaux mais aussi éminemment sociaux et environnementaux de la reconstruction. Comment renouer et recoudre le lien social qui existait auparavant sur ces terres aujourd’hui dévastées ? Peut-on envisager un « risque zéro » ? Quels sont les enjeux éthiques, économiques, environnementaux et sociaux de la reconstruction ? Un certain nombre d’initiatives locales sont mises en place, menées par les architectes, les urbanistes, mais aussi, dans un registre différent, par les artistes et les historiens du patrimoine. L’ensemble de ces actions visant, avant tout et dans la mesure du possible, la reconstruction du lien social disloqué.


Détails

Lieu : Le France
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Table ronde

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