06 janvier 2012

Romantisme et reconnaissance. Figures de la conscience chez Rousseau

Présentation du livre de Barbara Carnevali (IEA-Paris), "Romantisme et reconnaissance. Figures de la conscience chez Rousseau" (Droz, 2012)

Avec

  • Claude Habib (Université Paris 3)
  • Antoine Lilti (EHESS)
  • Martin Rueff (Université de Genève)
  • Céline Spector (Université Bordeaux III)

« Être soi-même. » On fait généralement remonter cet impératif moderne à Rousseau : à partir de l’âge romantique, ses écrits et sa vie ont été interprétés comme le paradigme d’une nouvelle morale, qui exalte l’originalité, la solitude, la quête d’un « moi naturel » indépendant des relations intersubjectives. Ce livre propose une lecture différente. En parcourant notamment ces deux « histoires de la conscience » que sont le Discours sur l’inégalité et les Confessions, il redécouvre le Rousseau du « moi social » : le philosophe de la reconnaissance, conscient de l’importance des médiations dans la genèse de l’identité ; le psychologue de la rivalité et du mimétisme ; le sociologue des rapports de prestige ; le plébéien ambitieux précurseur de Julien Sorel et de Lucien de Rubempré ; le contestataire habile à mettre en scène sa rébellion contre la société du spectacle. La tension entre élan romantique et besoin de reconnaissance déchire la pensée de Rousseau où, dans le langage moral du temps, elle trouve à s’exprimer dans l’opposition entre amour de soi et amour-propre. Elle met ainsi au jour le conflit de la subjectivité moderne, qui oppose l’aspiration individualiste aux exigences sociales de la condition humaine.


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Lieu : La Maison Suger
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