04 mai 2011

L’orientation cosmopolite : une théorie sociologique de la conscience de la globalisation

Le Groupe d'études des méthodes de l'analyse sociologique de la Sorbonne vous invite à une conférence donnée par Vincenzo Cicchelli.

Intervenant : Vincenzo Cicchelli, GEMASS. On ne compte plus les études que les économistes, sociologues, géographes et politologues ont consacré à la globalisation, depuis désormais plus de trente ans. Cette dernière se caractérise par une plus grande interdépendance entre les sociétés et l’émergence d’un espace social pertinent à l’échelle planétaire d’autre part, par une plus grande circulation des individus d’autre part, mais également par des expériences « à distance » du monde global, de la « société en réseaux » et une circulation plus rapide et intense des informations. Or, l’impact de ces phénomènes sur la vie quotidienne des individus reste encore peu étudié en sociologie. On ne connait pas encore les contenus idéaux et normatifs des cultures transnationales émergentes, on ne sait pas vraiment s’il existe des codes de comportement et des valeurs communs transnationaux dans lesquels les individus s’identifient et s’appuient pour ajuster leurs conduites. Par ailleurs, on voit encore mal comment les appartenances locales se combinent avec des loyautés à des ensembles plus vastes, et il reste à étudier quels types de tensions et d’équilibres sont associés à la multiplication des identités. L’objectif de ce séminaire est d’essayer de proposer une approche sociologique à même de comprendre la conscience qu’ont les individus d’habiter un monde commun : en mobilisant les théories cosmopolites et en se fondant sur une étude sur les mobilités académiques des étudiants Erasmus , il s’agit de suivre les processus d’apprentissage de la part des individus des dimensions transnationales du monde qui les entoure. En particulier, on insistera sur les mécanismes de la socialisation à l’altérité qui renvoie au travail, accompli par l’acteur social, de mise en rapport des expressions de sa culture d’origine (valeurs, normes sociales, codes de comportements) avec les expressions d’une culture considérée autre. Cette comparaison réflexive entre deux (ou plusieurs) codes culturels constitue une mise en adéquation majeure aux injonctions résultant de la cosmopolitisation du monde contemporain, dans la mesure où l’individu fait l’expérience de la pluralité culturelle et parvient à se situer sur l’échelle de ses appartenances (infranationale, nationale, transnationale). Travailler sur ce processus (ouvert, inachevé et réversible) d’édification d’un rapport cosmopolite au monde signifie se pencher sur la triple question de la place d’autrui dans les identités contemporaines, de la reformulation des appartenances, de la gestion de la pluralité culturelle. 

Voir le site du GEMASS pour plus d'informations


Détails

Lieu : Le France
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Conférence