04 décembre 2010

L’anthropologie philosophique – Tradition et actualité dans le contexte franco-allemand

Le Groupe de recherche sur la culture de Weimar / FMSH vous invite à cette journée d'études dans le cadre du séminaire "anthropologie philosophique" 2010-2011.

- Wolfgang Essbach - Politik und Biologie bei Helmuth Plessner
- Wolfgang Bialas - Nationalsozialistische Anthropologie und Biopolitik
- Guillaume Plas - Das Denkmotiv des Erkenntnisinteresses bei Rothacker und seinen Doktoranden
- Joachim Fischer - Philosophische Anthropologie - ihr theoriebildendes Potential bei Habermas und Luhmann
- Karl-Siegbert Rehberg - Institutionen im Zeitalter der Subjektivierung und der 'post-histoire'

L’Anthropologie philosophique constitue dans la pensée contemporaine un paradigme sui generis qui semble promis aujourd’hui à une actualité nouvelle. Le projet de recherche dans lequel s’inscrit ce séminaire* se fixe pour objectif d’en étudier la spécificité et l’actualité dans une double perspective : historique et franco-allemande.

Bien qu’elle se soit affirmée en Allemagne à partir de la deuxième moitié des années vingt avec les publications de Scheler, Plessner et Gehlen, la genèse de l’Anthropologie philosophique est indissociable d’un débat avec la philosophie française. L’Anthropologie philosophique s’est imposée à la fois contre la philosophie de la Vie et contre le cartésianisme. Le séminaire 2009/2010 s’est consacré à la réception de Bergson et aux courants philosophiques qui déterminaient les échanges franco-allemands au tournant du 20e siècle.

En collaboration avec l’Institut de sociologie de l’Université de Dresde le séminaire 2010/2011 portera sur le deuxième volet de ce projet (projet accrédité comme PFR CIERA).
L’enjeu consiste à réintroduire dans l’histoire (officielle) des idées de la République fédérale des courants de pensée dans lesquels s’est jouée la continuité de l’évolution des idées et de la culture politique allemandes mais qui ont été occultés par les courants dominants (notamment « l’Ecole de Francfort »). La question qui se pose dans une approche en termes de sociologie du savoir tient au fait qu’en dépit des rivalités entre les protagonistes de l’Anthropologie philosophique (elles existaient déjà entre Scheler et Plessner, elles ont persisté entre Plessner et Gehlen) cette dernière ait eu des répercussions – sélectives, certes, et souvent inavouées, mais d’autant plus stratégiques – dans les disciplines les plus diverses : en philosophie, en sociologie, en psychologie, en médecine. Par l’intermédiaire de Rothacker l’Anthropologie philosophique a exercé une influence directe sur Habermas, Blumenberg, Schmitz ; on peut la déceler chez d’autres penseurs de l’Ecole de Francfort – Adorno, Honneth, Oevermann ; on peut aussi retrouver des traces de Plessner chez Löwith. Via Portmann on peut suivre ses traces chez Hannah Arendt et Hans Jonas, à partir de Dieter Claessens chez Sloterdijk. Enfin, la présence de l’Anthropologie philosophique dans la sociologie est diffuse mais considérable – chez Schelsky, chez Popitz, chez Claessens, et jusque chez Luhmann.
Réécrire l’histoire des idées du 20e siècle en Allemagne à la lumière de ce constat modifie radicalement la perception cavalière qu’on a habituellement – et qui se résume à la séquence phénoménologie, philosophies de l’existence, psychanalyse, Théorie critique, post-structuralisme.


Détails

Localisation : Centre universitaire Malesherbes | 108 bd Malesherbes | 75017 Paris
Ajouter à mon agenda

Partager