23 juin 2010

Ecritures historiographiques et construction sociale de la figure de l’Etat post-colonial. L’exemple du Cameroun

Le Réseau Acteurs émergents (RAE / FMSH) et les membres de l’axe 2 de l’IRIS (Etat, mondialisation et immigration) ont le plaisir de vous inviter à la conférence que donnera Janvier Onana, professeur de sciences politiques à l’université de Douala (Cameroun), invité par la FMSH comme directeur d’études associé (DEA)

A supposer que l’on soit fondé à soutenir qu’existe quelque chose comme une mémoire (à moins qu’il ne s’agisse de mémoires) coloniale(s), il est facile de constater que c’est, pour l’essentiel, à l’historiographie post-coloniale que l’on doit les seules traces objectivées et assignables de cette (ces) mémoire(s)-là. C’est qu’en post-colonie (au sens où l’entend A. Mbembe), lieu du refoulement de l’intelligence critique dans la pensée clandestine, seul le savant peut s’autoriser des incursions dans le passé, et, éventuellement, opposer à l’arrogante hégémonie de l’histoire officielle une rationalisation "subversive". Le savant est donc structurellement dans la position de l’intellectuel-providence, du paladin de la "vérité". Or si, comme l’a bien établi Michel de Certeau, écrire l’histoire c’est d’une certaine manière la faire, il faudrait se préparer à procéder à l’inventaire des "héritages" de l’Etat colonial à partir d’une perspective autre que celle de la reproduction des technologies institutionnelles et politiques. L’évaluation s’impose avec autant d’intérêt, de la part importante que prend l’écriture de l’histoire dans la définition et la délimitation de ce qui obtient ou non, à un moment ou à un autre, quelque chance d’être valorisé comme étant digne d’inscription en mémoire.

En prenant principalement appui sur l’expérience du Cameroun, l’on essaiera de montrer qu’à travers la production et la diffusion polémiques de schèmes de perception et de pensée sur l’ordre politique colonial, l’historiographie politique africaniste participe directement ou indirectement de l’élaboration et de la socialisation d’un (à) un imaginaire de l’Etat contemporain sous la figure de l’Etat légataire.


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Localisation : EHESS | 105 bd Raspail | 75006 Paris
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