03 juin 2010

Souffrir à son corps, souffrir à son passé: le cinéma algérien récent à l'épreuve de l'expérience

Pour cette quatrième séance 2009-2010, le séminaire "Genre, Politique, Sexualité(s). Occident / Orient" accueille Ratiba Hadj Moussa (York University, Toronto).

Une conférence de Ratiba Hadj Moussa (Département de sociologie, York University, Toronto) est organisée pour cette quatrième séance du séminaire "Genre, Politique, Sexualité(s). Occident / Orient", dirigé par Christiane Veauvy et Monique de Saint Martin.

L'histoire "monumentale" semble avoir disparu du cinéma algérien contemporain. Les situations concrètes, les conflits, les drames des deux dernières décennies ont secoué les  certitudes et, depuis, de nouvelles images ont émergé. Même si elle est présente, la relation à la France, en tant que puissance coloniale, est devenue secondaire et a permis l’émergence d’une critique tangentielle du régime politique, alors que l’expérience quotidienne est explorée et davantage exposée. En continuité avec les films des années 1970 et 1980, cette exploration est, dans ce cinéma, principalement tenue par les personnages féminins, avec la particularité qu’ils sont désormais seuls responsables de se forger une vie meilleure ou de fixer les termes d’une réelle reconnaissance. 

Nous analyserons cette quête à la lumière de deux points majeurs :
- premièrement, l’absence de personnages masculins « forts » et sa projection sur le traitement de l’histoire, notamment  dans sa période coloniale, ainsi que l'appropriation spatiale
- deuxièmement, la marginalisation politique et sociale des personnages  féminins et l’apparition par la bande de l’expérience vécue tenue pour être l’expression du réel et de la souffrance.

Denise Brahimi, enseignante à l’Université Paris VII et critique, introduira la discussion.

Seront notamment analysés les films suivants :
- Touchia (1993, Mohamed Rachid Benhadj)
- Bab El-Oued City (1994, Merzak Allouache)
- Le harem de Mme Osmane (2000, Nadir Moknèche)
- Viva Laldjérie (2003, Nadir Moknèche)
- Les suspects (2003, Kamel Dahane)
- Rachida (2002, Yamina Bachir-Chouikh)
- Bled Number One (2006, Rabah Ameur-Zaïmache)
- Delice Paloma (2007, Nadir Moknèche)


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