14 avril 2010

Elites de l’Europe : entre mythes et réalités

La Maison Suger vous invite à cette sixième séance du séminaire

Il sera dirigé par Stella Ghervas dans le cadre du programme "L’Europe élargie : de la Sainte-Alliance au Traité de Lisbonne" de l'IEA-Paris (juin 2009 - juin 2010).

Suite à sa récente expansion territoriale, l'Union européenne vit une crise, souvent qualifiée d'identitaire, due à de profondes divergences à propos d'un socle d'idées fondamentales concernant l'Europe idéale à créer. Pourtant les rédacteurs des traités européens avaient eu soin d’insérer des valeurs de portée universelle dans ces textes.

Quelles sont ces idées controversées ? Quels référents (aspirations, événements, mémoires ou imaginaires) ont-elles convoqués dans l'esprit des électeurs qui les ont refusées dans les urnes ? Ce séminaire propose de remonter à leurs origines, en élargissant la focale dans l'observation du temps et de l'espace, c’est-à-dire en remontant au-delà de la date conventionnelle de 1945 et en considérant l’ensemble de l’Europe élargie.

L'élargissement de l'Union européenne à 27 pays pose la question de la cohérence de l'ensemble nouvellement créé, où les pays du noyau originel occidental coexistent désormais avec 12 pays ayant fait naguère partie du Bloc de l'Est. Que reste-t-il de l'esprit des "pères fondateurs" de l'Europe des années 50 (Schuman, Adenauer) ? La devise de l'Union "unis dans la diversité" peut-elle constituer un programme intégrateur pour l'Europe ?

Avec la participation de
- Eric Bussière (Université Paris 4) : Quelle Europe pour les élites économiques françaises au XXe siècle ?
- Christophe Charle (ENS et Université Paris 1) : Les élites de la République revisitées, de l'empire français à l'Europe sans empire
- Michel Mangenot (Université de Strasbourg) : Les élites administratives de l'Union européenne sont-elles autonomes de celles de ses Etats membres ?
- Elisabeth De Réau (Université Paris 3) : Europe des élites, Europe des peuples ? Faut-il parler de fracture démocratique ? Une perspective historique
- Michael Werner (EHESS) : [titre à préciser]

Selon le livre récent de Max Haller, European Integration as an Elite Process : The Failure of a Dream ?, ce sont les élites qui ont traditionnellement été porteuses de l'idée politique d'Europe. Sa thèse est que l'élargissement de la fracture entre élites et peuples européens serait à la source d'une "impasse" de l'Union. D’autre part, il considère un hiatus considérable entre les discours déclamatoires et les hautes aspirations de l'UE, et la réalité sociale et politique.

Face à ce paradoxe de l' "Europe venue du haut", la réponse des citoyens européens n'a pas toujours été favorable, comme le montre les résultats des consultations référendaires. Aujourd'hui encore, les débats parlementaires ou les votes populaires laissent apparaître une méfiance diffuse face à une élite perçue comme étrangère aux préoccupations des citoyens, ainsi qu'un désir de maintenir les indépendances nationales, considérées comme meilleures protectrices des acquis sociaux et politiques.

Mais en ce début de XXIe siècle, quelle part d’imaginaire cette conception véhicule-t-elle ? Quels sont les critères permettant de définir les "élites européennes" ? Ont-elles effectivement un accès naturel aux leviers du pouvoir comme au XIXe siècle ? Peut-on préciser leur composition et si oui, en quoi a-t-elle changé par rapport au passé, ou par rapport aux élites nationales ? Leur base s'est-elle restreinte, ou au contraire étendue (par exemple avec l'augmentation de la mobilité en Europe des étudiants et des cadres) ?

D'autre part, la bureaucratie de Bruxelles ("eurocrates") est souvent représentée comme une "élite", voire identifiée à celle-ci. Les eurocrates sont-ils effectivement une élite ou les outils d'une élite ? En quoi se distinguent-t-ils des administrations nationales sur le plan culturel, des méthodes, des études, et/ou de l’origine sociale ?    


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Lieu : La Maison Suger
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