31 mars 2010

L’Europe élargie : unis dans la diversité ou séparés dans l’Union ?

La Maison Suger vous invite à cette cinquième séance du séminaire dirigé par Stella Ghervas dans le cadre du programme "L’Europe élargie : de la Sainte-Alliance au Traité de Lisbonne" de l'IEA-Paris (juin 2009 - juin 2010).

Suite à sa récente expansion territoriale, l'Union européenne vit une crise, souvent qualifiée d'identitaire, due à de profondes divergences à propos d'un socle d'idées fondamentales concernant l'Europe idéale à créer. Pourtant les rédacteurs des traités européens avaient eu soin d’insérer des valeurs de portée universelle dans ces textes.

Quelles sont ces idées controversées ? Quels référents (aspirations, événements, mémoires ou imaginaires) ont-elles convoqués dans l'esprit des électeurs qui les ont refusées dans les urnes ? Ce séminaire propose de remonter à leurs origines, en élargissant la focale dans l'observation du temps et de l'espace, c’est-à-dire en remontant au-delà de la date conventionnelle de 1945 et en considérant l’ensemble de l’Europe élargie.

L'élargissement de l'Union européenne à 27 pays pose la question de la cohérence de l'ensemble nouvellement créé, où les pays du noyau originel occidental coexistent désormais avec 12 pays ayant fait naguère partie du Bloc de l'Est. Que reste-t-il de l'esprit des "pères fondateurs" de l'Europe des années 50 (Schuman, Adenauer) ? La devise de l'Union "unis dans la diversité" peut-elle constituer un programme intégrateur pour l'Europe ?

Avec la participation de

  • Jacques Barrot (membre du Conseil constitutionnel, ancien vice-président de la Commission européenne) : L'élargissement est-il compatible avec le renforcement de l'Union ?
  • Nathalie Clayer (CNRS - EHESS) : Est-il justifié de questionner l'intégration de certains pays du Sud-Est européen au regard d'un héritage ottoman ?
  • Christian Lequesne (CERI / Sciences Po. Paris) : Europe plutôt qu'Etats-Unis : les effets des changements générationnels en Europe centrale
  • Jean-Luc Racine (CNRS et FMSH) : Le "paradoxe européen" vu d'ailleurs

Quelques questions seront posées aux intervenants :

  • L'intégration des nouveaux pays a-t-elle conduit à un réajustement des valeurs fondatrices de l'Union ?
  • Dans la pratique y a-t-il encore plusieurs Europe séparées ? Dans l’esprit du 'noyau originel occidental de l'Union, chez les nouveaux venus ?
  • Quelles sont les questions posées par la présence d'Etats catholiques à tradition "cléricale" (Pologne) et l'affirmation du poids du monde orthodoxe (Grèce, Bulgarie, Roumanie et le fait que de nouvelles extensions vers les pays du Partenariat Oriental se feraient avec des pays à majorité orthodoxe) ? Dans les faits, cette spécificité change-t-elle quelque chose aux mécanismes politiques ou économiques de l'Union ?
  • L'héritage de la Turquie d’Europe : la question se pose aussi de l'intégration possible de pays de l'ancienne sphère politique de l'Empire ottoman : Albanie, Serbie, Monténégro et la Turquie elle-même. Certains (dont la Turquie qui s'affiche par ailleurs comme un Etat laïc) revendiquent une tradition musulmane. L'idée que l'Islam et ses structures sociales puissent aussi faire partie d'un héritage européen doit-elle désormais être prise en considération, par exemple dans le cadre d'une "laïcité positive" (pour reprendre l’expression utilisée par le Pape Benoît XVI lors de ses vœux du 11 janvier 2010 au corps diplomatique) ?


Détails

Lieu : La Maison Suger
Ajouter à mon agenda

Partager
Séminaire