19 janvier 2010

Habitats temporaires / précaires et mobilité. Observer des situations. Démêler des notions

Agnès Jeanjean (Centre Norbert Elias) et Ingrid Sénépart (archéologue au CEPAM) inaugurent cette série de rencontres interdisciplinaires organisées par la revue Techniques & culture.

En France et plus généralement dans les pays riches, il semble que nous assistions depuis quelques années à une recrudescence de formes diverses d’habitats auto-construits ou posés. Ce phénomène est articulé à la fragilisation économique et sociale de populations, aux dispositifs institutionnels d’organisation et de gestion des territoires, aux évolutions du prix du foncier et des crédits bancaires, aux normes et à leurs applications (Mesini), aux transformations qui touchent l’organisation du travail (Le Marchand), ainsi qu’au développement de nouvelles mobilités. Gardons-nous toutefois de ne considérer ces phénomènes qu’à l’aune de la "nouveauté". Les bidonvilles étaient encore présents dans le paysage parisien jusqu’à la fin des années soixante-dix (Pétonnet). L’absence aura été de courte durée… Il est par ailleurs des formes plus ou moins anciennes d’habitats temporaires qui peuvent nous aider à penser les formes contemporaines d’habitats mobiles ou auto-construits. Il est aussi des habitats temporaires ou opportunistes très éloignés géographiquement les uns des autres et dont l’étude contribuera à construire notre réflexion et à consolider notre regard. Sans perdre de vue la "question sociale" incontournable pour penser et analyser les situations de pauvreté ou "d’insécurité sociale" (Castel) et afin d’affiner la réflexion, nous envisagerons aussi des modes d’habiter contemporains qui n’associent pas forcément habitat temporaire et pauvreté (habitat écologique alternatif, yacht…).

Il s’agit de s’atteler collectivement à construire un regard qui s’appuie sur trois contraintes :

  • mobiliser des auteurs relevant de disciplines diverses et complémentaires (archéologie, sociologie, droit, ethnologie, anthropologie, économie, sciences politiques, architecture, histoire),
  • ne pas perdre de vue la dimension matérielle des faits étudiés (il s’agit bien de préparer un "Thema" de la revue Techniques et culture numéro 55),
  • développer des problématiques qui articulent habitat et activités de travail ou de subsistance.

Les travaux d’ethnologues, de sociologues, d’historiens, d’économistes, de politologues, de juristes, d’architectes et d’archéologues seront mis en perspective pour travailler les articulations entre les notions parfois confondues d’habitat précaire et d’habitat temporaire.

Pour plus d'information sur Techniques et culture dans la section Revues du site de la FMSH


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Séminaire