16 décembre 2009

La consommation animale et ses limites

Le programme Japon / FMSH vous invite à examiner, en compagnie de chercheurs français et japonais, cet aspect des relations que les sociétés entretiennent avec les animaux, à des fins principalement utilitaires et nourricières.

Claude Lévi-Strauss nous a laissé des messages forts, rappelant une des principales vocations de l’anthropologie : réfléchir aux questions qui se posent au genre humain, et nous exhortant à prendre position, notamment en ce qui concerne notre rapport au milieu naturel.

Dans un article publié au tout début de ce siècle, qui reste un de ses derniers articles, "La leçon de sagesse des vaches folles" (2000), C. Lévi-Strauss considère le problème posé par l’élevage poussé à l’extrême et ses conséquences dramatiques, et n’hésite pas à proposer des solutions pour le futur, en partant d’un constat général : "Il n’est pas surprenant que tuer des êtres vivants pour s’en nourrir pose aux humains, qu’ils en soient conscients ou non, un problème philosophique que toutes les sociétés ont tenté de résoudre."
L’homme sait bien, en effet, qu’il ne vit qu’en incorporant des entités et des éléments prélevés sur son environnement, et cela induit non seulement une vision du monde et du milieu naturel, mais encore une conception implicite de la relation avec autrui, avec la nature, avec le surnaturel, qui le renvoie constamment à la conscience de la vie et de la mort.

De la conception biblique qui fait de l’alimentation carnivore "une sorte d’enrichissement du régime végétarien", à la vision – positiviste – qui réduit, selon les termes de C. Lévi-Strauss, les animaux "à la condition de laboratoires nutritifs", les pratiques alimentaires et les moyens trouvés, pour leur mise en œuvre, par la transformation des ressources naturelles, traduisent de façon significative les représentations de l’environnement vivant.

Ce  domaine sensible a été traité par des auteurs marquants comme A.-G. Haudricourt et P. Descola en anthropologie, et abordé de différents points de vue dans de nombreuses rencontres où des spécialistes de diverses disciplines se sont penchés sur les relations entre les hommes et les animaux, depuis le 1er colloque d’ethnozoologie, en juin 1975 (L’homme et l’animal).

En nous mobilisant aujourd’hui sur cet aspect des relations que les sociétés entretiennent avec les animaux, à des fins principalement utilitaires et nourricières, souvent auréolées de rituel et de symbolique, voire d’affect – nous pourrions donner un prolongement au regard critique de C. Lévi-Strauss sur nos pratiques  alimentaires en examiner leurs limites : celles que posent les sociétés traditionnelles, à travers tabous, interdits, règles sociales, comme celles qu’imposent aujourd’hui, entre autres, les problèmes d’ordre écologique.


Détails

Lieu : La Maison Suger
Ajouter à mon agenda

Partager
Séminaire