20 mai 2010

Colère et dû à Santa Marta, Colombie : les populations déplacées négocient l'État

Le LAIOS, centre hébergé à la FMSH, vous présente une intervention de Véronique Benei (chargée de recherche au CNRS / LAIOS) pour cette septième séance du séminaire mensuel "politiques du sensible" 2009-2010.

Les formes sensibles de la vie sociale et politique subissent des déplacements : notre rapport au temps est bousculé (présent permanent et usages iconoclastes de l'histoire), la vie privée est exhibée dans l'espace public, le dépaysement s’éprouve dans le quotidien du chez soi... L’approche anthropologique de ces formes, loin de toute exaltation d’un "vivre ensemble", interroge les discontinuités spatiales et temporelles des régimes du sensible. Comment ce qui était toléré devient intolérable ou vice-versa ? Sommes-nous en mesure d'initier ou d'influer ces déplacements ou bien nous laissent-ils désorientés ? Comment le geste politique ou l'activité artistique peuvent-ils nous permettre de reprendre l'initiative dans le flux des transformations que nous subissons ?

Dans un monde dominé par le pouvoir de la réflexivité gestionnaire, que deviennent les passions, les émotions, les sentiments ? Si les émotions collectives font l’objet d’une gestion des pouvoirs religieux et politique, comment échappent-elles à l’organisation de leur manifestation ? Quels écarts peuvent se creuser entre l’ordonnance esthétique et les multiples écritures du sensible, ses multiples réceptions ? Ce séminaire entend interroger les régimes d’émotion politiques contemporains, des normes de la compassion contemporaine, au dépaysement politique brutal, en passant par les ruses des contournements imposés dans des contextes de contrôle puissant des lieux de productions des formes et des normes sensibles. Il entend également concevoir la réflexion sur le contemporain dans son rapport aux expériences passées, comme dimension non seulement comparative mais constitutive du contemporain. 


Partager
Séminaire